Signatures contrefaites

29 décembre 2011 11:54; Act: 29.12.2011 14:57 Print

La moitié des paraphes invalides

Les Jeunes UDC bernois vont devoir remettre la main à la pâte afin de récolter des signatures pour leur initiative cantonale sur la naturalisation.

Une faute?

Parmi les paraphes déjà contrôlés, un taux anormalement élevé est invalide. La police a ouvert une enquête.

Dans toute récolte de signatures, il est inévitable qu'une certaine proportion se révèle invalide. Cette part se situe habituellement entre 10% et 20% du total.

D'où la surprise de la Chancellerie du canton de Berne lorsqu'elle a entrepris de vérifier une première tranche de signatures transmises par les Jeunes UDC: la moitié des paraphes sont invalides. Le chancelier Jürg Wichtermann a confirmé jeudi à l'ats une information de la «Berner Zeitung».

La police a ouvert une enquête.

Pour l'heure, aucun indice ne soutient une piste plutôt qu'une autre quant aux responsables de la situation, souligne M. Wichtermann.


Juste un canular?


Ceux qui ont contrefait les signatures peuvent venir aussi bien du camp des partisans que de celui des opposants à l'initiative. Il est en outre également possible que des tiers non impliqués dans la campagne se soient simplement défoulés avec ce canular. Cette hypothèse semble toutefois contredite par l'ampleur de la manoeuvre, estime M. Wichtermann.

Il n'est pas rare que des opposants à une initiative s'amusent à signer le texte qu'ils combattent sous de fausses identités, ajoute M. Wichtermann. Cependant, c'est la première fois que le nombre de paraphes contrefaits est aussi élevé.

Les initiants ne sont pas non plus protégés contre une fraude qui viendrait de leur propre camp. Il arrive ainsi régulièrement que les personnes chargées de la collecte contrefassent elles-mêmes des signatures afin de s'épargner quelques heures de labeur dans la rue, assure M. Wichtermann.

Un risque supplémentaire apparaît si ces collecteurs sont payés pour leur travail. Ils pourraient alors être tentés d'embellir leurs résultats en ajoutant quelques paraphes de leur main.


Délai fixé au 5 janvier


La Ville de Berne rend toujours attentifs les comités d'initiative et les partis aux risques de ce genre d'impondérables, souligne M. Wichtermann. Il est en outre conseillé de commencer le plus tôt possible avec la procédure de vérification des signatures récoltées.

De son côté, le président des Jeunes UDC bernois, Erich Hess, «espère que les coupables seront rapidement démasqués». Il faut mettre fin à leurs agissements. Interrogé pour savoir qui peut se cacher derrière les signatures contrefaites, M. Hess refuse de s'avancer et renvoie à l'enquête en cours.

Le délai pour la récolte des signatures est fixé au 5 janvier. Le texte des Jeunes UDC bernois demande que les étrangers qui ont une condamnation judiciaire ne puissent pas être naturalisés dans le canton. De même, les étrangers au bénéfice de l'aide sociale ne devraient pas être en mesure d'obtenir le passeport à croix blanche, estiment les initiants.

(ats)