Tribunal pénal fédéral

23 décembre 2008 12:28; Act: 23.12.2008 12:39 Print

La patronne d'un réseau de callgirls peut être extradée en France

Une Allemande accusée en France de proxénétisme a vu son recours contre son extradition rejeté par le Tribunal pénal fédéral (TPF).

Une faute?

Elle avait été arrêtée à son domicile lausannois au début de l'année 2008, à la demande de la France.

La justice française lui reproche d'avoir dirigé depuis l'étranger un réseau de prostitution d'une trentaine de callgirls. Elle encourt une peine d'emprisonnement pour proxénétisme aggravé et association de malfaiteurs, indique un arrêt du TPF de septembre.

La cheffe du réseau prélevait une commission de 40 à 60 pourcent sur les recettes des callgirls qui travaillaient à Paris. Elle gagnait ainsi jusqu'à 18 000 francs par semaine. Si ses «employées» refusaient de prendre un mandat, de payer leur «dû» ou voulaient arrêter leurs activités, la patronne les auraient menacées de mort ou de blessures graves.

Cinq ans de prison

En 2003 et 2004, la citoyenne allemande avait été condamnée en France par défaut à trois et à cinq ans de prison, ainsi qu'à une amende totale de 120 000 euros. L'été dernier, le Département fédéral de la justice avait autorisé son extradition. Le TPF vient de rejeter le recours de l'accusée.

Les crimes concernés sont réprimés dans les deux pays, explique l'arrêté du TPF. La condition de la double incrimination est donc réalisée pour permettre l'extradition. De plus, la justice française a assuré que l'accusée pourra demander sur place une réévaluation de son cas. L'accusée peut maintenant recourir contre la décision du TPF auprès du Tribunal fédéral à Lausanne (RR.2008/160 du 17.9.2008).

(ats)