Conseil fédéral

11 décembre 2019 16:49; Act: 11.12.2019 16:56 Print

La presse souligne l'écart entre Parlement et citoyens

Les éditorialistes s'inquiètent que l'incompréhension entre citoyens et politiques risque de s'amplifier après la rebuffade infligée à Regula Rytz.

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Les journaux helvétiques relèvent le hiatus entre la montée en puissance des Verts lors des dernières élections fédérales et l'échec de Regula Rytz mercredi aux portes du Conseil fédéral. L'incompréhension entre citoyens et politiques risque de s'amplifier.

«24 Heures» et la «Tribune de Genève» relèvent le seul élément qui a suscité des interrogations mercredi matin. «'C'est le bobeur du Conseil national!' (...). En plein scrutin, voilà que le PLR alémanique Marcel Dobler obtient une vingtaine de voix. Tout le pays s'est rué sur internet – un pic a été observé sur les moteurs de recherche - pour trouver des infos sur cet (...) et ex-champion de bob. Et aussi essayer de comprendre le message que le parlement suisse a voulu envoyer. Finalement, c'est l'UDC qui a cherché à sanctionner Karin Keller-Sutter.»

«Pas de fauteuil pour les Verts», relève plus sérieusement «Le Matin». «Hormis les socialistes (et encore pas tous), Regula Rytz n'a convaincu personne dans les autres groupes du Parlement pour porter la voix écologiste au Conseil fédéral. Ce refus assez sec peut être perçu comme un retour de bâton envers les grands vainqueurs du 20 octobre dernier. Même s'ils ont triplé leur représentation à Berne, toutes les raisons plus ou moins bonnes ont été avancées pour leur fermer la porte du Conseil fédéral: l'absence d'une vacance, le respect de la minorité tessinoise, la formule magique ou encore la stabilité des institutions.»

Berne s'éloigne des citoyens

«Le Temps» est plus laconique avec son «Essayé, pas pu». «Avec 82 voix, la présidente des écologistes, la Bernoise Regula Rytz, a même réalisé un score en-deça de certaines attentes (...). L'assaut a tourné court. Il n'y a même pas eu de second tour (...). Sur le plan strictement mathématique, la Bernoise n'a même pas fait le plein dans son camp.»

Le «TagesAnzeiger» est lui sensible au fait que Berne s'éloigne des citoyens. «Que l'on veuille l'appeler »changement climatique« ou autrement, les partis au Conseil fédéral doivent reconnaître qu'ils ne représentent plus la population aussi pleinement qu'auparavant. Cela devrait jouer un rôle dans la formation du gouvernement. Alors que les circonstances changeaient, nos ancêtres ont démontré à plusieurs reprises leur capacité à adapter intelligemment le système. C'est aussi une forme de stabilité.»

Enfin la «NZZ» souligne que Berne a besoin de temps pour s'adapter aux préoccupations exprimées dans les urnes comme dans la rue. «Comment le système de concordance réagit-il quand l'équilibre des forces est fortement modifié au Parlement ? Qu'advient-il de la «vieille» formule magique quand elle ne colle plus à la réalité? L'Assemblée fédérale a donné la réponse mercredi matin: rien.»

(nxp/ats)