Suisse

10 juillet 2018 11:23; Act: 10.07.2018 11:43 Print

La violence amoureuse des jeunes sous la loupe

Une étude de l'Uni de Zurich décrypte la violence dans les relations des 17-18 ans. Une violence aux relents de machisme. Les jeunes musulmans y seraient plus sujets.

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10% des garçons admettent avoir déjà forcé leur partenaire à des relations sexuelles. (Photo: Keystone)

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Coups, menaces, surveillance: près de la moitié des jeunes en Suisse ont eu affaire au moins une fois à des gestes de violence dans leurs relations amoureuses. C'est ce que révèle une étude de l'Université de Zurich menée dans le cadre d'un projet zurichois sur le développement social entre l'enfance et l'âge adulte, annonce ce mardi la Neue Zürcher Zeitung.

Cette enquête révèle des points étonnants. Notamment que les filles peuvent être plus violentes que les garçons. En effet, elles sont une sur cinq à avoir déjà giflé et poussé ou battu leur partenaire dans une relation. Un chiffre qui tombe à un sur huit chez les garçons.

Violence sexuelle chez les garçons

Moins surprenant: la violence chez les garçons est plutôt d'ordre sexuelle. Alors que seul 1% des filles admettent avoir déjà forcé leur partenaire à des rapports contre leur volonté ou exigé d'eux des photos érotiques, ce taux s'élève à 10% chez les jeunes hommes.

En revanche, les deux sexes admettent surveiller l'autre dans la même proportion: 44% des filles et 38% des garçons ont en effet déjà vérifié le téléphone portable de leur ami(e) pour l'empêcher parfois de rencontrer d'autres personnes.

Quelque 1675 jeunes de 17 à 18 ans dont près de la moitié sont nés à l'étranger ont été interrogés. Comment expliquer leur violence? Les chercheurs de l'Uni de Zurich pointent en premier lieu les modèles traditionalistes qui véhiculent selon eux une certaine attitude machiste. Ils mettent en cause également l'utilisation de matériel pornographique chez les garçons et la prise de drogues chez les filles.

Musulmans plus violents

Selon eux, ce sont surtout les jeunes issus de l'immigration non occidentale, en particulier les garçons musulmans, qui sont plus que les autres sujets à la violence. Des différences entre jeunes musulmans et non musulmans qui sont davantage marquées lorsqu'il s'agit de surveiller son propre partenaire, selon l'étude.

Des résultats que met en doute Pascal Gemperli, porte-parole de la Fédération des organisations faîtières islamiques en Suisse: «Il nous semble douteux que l'islam soit l'élément déterminant de la violence des jeunes. Si l'on rapporte le nombre total de sondés aux 5% de musulmans en Suisse dont une partie seulement est pratiquante, alors la base de recherche est trop petite pour en tirer des conclusions scientifiques», critique-t-il. «Le lien de causalité entre la religion et un certain comportement est ainsi clairement raccourci», estime-t-il.

(cht/nxp)