Héliski

31 mars 2011 11:21; Act: 31.03.2011 11:39 Print

Le Club alpin menacé de scission

Parce que le comité central du CAS envisage d’adopter une position plus ferme en matière de ski héliporté, les Valaisans menacent de faire sécession.

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Des membres de l'association Mountain Wilderness manifestent contre le héliski dans le Loetschental (VS), en 2006. (Photo: Keystone)

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Peter Planche, vice-président de la section Monte Rosa du Club alpin suisse (CAS), est hors de lui: «Un affront intolérable», tonne-t-il, invoquant ainsi la décision du comité central du CAS de déposer plainte au Tribunal administratif fédéral suite à une décision de l’administration fédérale d’autoriser de nouveaux hélisports dans la région de Zermatt (VS). Selon Peter Mäder, le secrétaire général du CAS, l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) aurait trop tenu compte des «intérêts touristiques liés à la pratique du héliski», lorsque cet office a été amené à revoir l’emplacement de ces places d’atterrissage.

L’OFAC n’a pas tenu compte, selon Mäder, des recommandations du comité central de concentrer le héliski sur le flanc occidental de la vallée. Le flanc oriental aurait ainsi été réservé aux alpinistes traditionnels. C’est la raison pour laquelle le CAS a déposé plainte. «Le CAS plaide pour une politique restrictive en matière d’héliski», précise le secrétaire général.

Cette façon d’envisager les choses risque de provoquer de nouveaux remous au sein du CAS, selon le «Tages-Anzeiger». Lors de la prochaine assemblée générale des délégués du CAS, les sections urbaines de Zurich-Uto et de Berne vont exiger que le comité centrale durcisse encore sa position en matière de ski héliporté. Cela va fâcher certaines sections des régions alpines et notamment celles du Valais, qui pourraient bien être amenées à faire scission. Les sections de Monte Rosa, de Zermatt et de Saas rencontreront d’ailleurs à la mi-avril les membres du comité central pour discuter de cette pomme de discorde. S’ils n’arrivent pas à se concilier, le CAS connaîtra sa première sécession depuis 150 ans. Peter Planche est intransigeant: «Pour nous Valaisans, les choses sont claires. Le CAS est une organisation sportive de montagne et pas une association de protection de la nature».

(rga)