Avions de combat

09 mars 2011 17:14; Act: 09.03.2011 17:18 Print

Le National est prêt à exploser le budget

L'achat de nouveaux avions de combat devrait intervenir avant 2015, estime la majorité bourgeoise du National. Pour ce faire, elle est prête à ouvrir grand le porte-monnaie.

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Par 95 voix contre 69, la Chambre du peuple a adopté mercredi une motion réclamant un relèvement du plafond des dépenses pour l'armée.

Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. La motion doit permettre au Parlement d'octroyer durant la prochaine législature déjà un crédit pour acquérir les appareils destinés à remplacé la flotte des «Tigers». La droite a réagi ainsi à l'annonce faite en août dernier par le Conseil fédéral d'ajourner sa décision.

Sous la pression d'Ueli Maurer, le gouvernement avait alors fait valoir des soucis financiers. L'achat de 22 nouveaux avions coûterait entre 3,5 et 5 milliards de francs, selon le ministre de la défense. Son département et celui des finances ont été chargés de trouver une solution.

Si la position du Conseil fédéral a ravi la gauche - le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) a entretemps retiré son initiative pour un moratoire jusqu'en 2020 sur l'achat d'avions de combats -, elle a fait grincer des dents dans les rangs bourgeois.


Mauvais signal

De nouveaux avions sont indispensables pour assurer la protection de l'espace aérien suisse, a critiqué Bruno Zuppiger (UDC/ZH) au nom de la commission. Les offres déposées par les constructeurs ne sont valables que jusqu'à fin 2011. Commander une nouvelle évaluation au lieu de libérer les moyens nécessaires coûtera plus cher et serait un mauvais signal, a ajouté Pius Segmüller (PDC/LU).

Ueli Maurer s'est voulu «réaliste». Pour libérer les fonds nécessaires et respecter le frein à l'endettement, il faudrait couper à court terme quelque 4 milliards de francs dans les dépenses d'autres départements, a averti le conseiller fédéral.

Fer de lance de l'initiative du GSsA, Josef Lang (Vert/ZG) a brandi la menace d'un référendum. En vain. Si une dépense est nécessaire, il faut savoir délier les cordons de la bourse, a répété M.Zuppiger.


Trois constructeurs sur les rangs

Jusqu'à présent, trois constructeurs étaient sur les rangs pour fournir de nouveaux jets à la Suisse: le consortium européen EADS avec l'Eurofighter, le Suédois Saab avec le Gripen et le Français Dassault avec le Rafale. En février, le commandant des Forces aériennes Markus Gygax a évoqué la possibilité d'élargir l'appel à d'autres entreprises si le gouvernement tarde à trancher.

Parmi les avionneurs envisageables, les Américains Joint Strike Fighter et Boeing, ce dernier construisant le Super Hornet, successeur des FA-18. Le Conseil fédéral n'a par ailleurs pas totalement exclu l'option d'un achat d'avions remplaçant à la fois les Tigers et les FA-18.

(ats)