Suisse

09 novembre 2019 13:16; Act: 09.11.2019 18:08 Print

Le PDC veut aussi pénaliser l'homophobie

Le Parti démocrate-chrétien s'est prononcé en faveur de l'extension de la norme antiraciste aux actes homophobes.

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Le président du parti Gerhard Pfister aborde la prochaine législature avec sérénité. (Photo: Keystone)

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Le PDC a par ailleurs profité de son assemblée générale pour adopter ses mots d'ordre pour les votations du 9 février prochain. Par 125 voix contre 18, les délégués recommandent de soutenir l'extension de la norme antiraciste à l'homophobie. Ils ont en revanche rejeté par 117 voix contre 29 l'initiative pour davantage de loyers abordables.

L'extension de la norme antiraciste aux actes discriminatoires et appels à la haine fondés sur des orientations sexuelles vise à protéger la communauté homosexuelle, bisexuelle, transgenre ou intersexe (LGBTI). Contrairement à ce que prétendent les référendaires, elle ne limite pas de manière excessive la liberté de conscience, ont souligné les démocrates-chrétiens.

Quant à l'initiative, elle permet une intervention trop forte de l'Etat dans le marché immobilier, d'après le PDC. Elle demande que 10% des nouveaux logements soient déclarés d'utilité publique. Les initiants estiment que les loyers du marché sont en général nettement plus élevés que ceux des logements d'utilité publique, la différence enrichissant les spéculateurs sans profiter aux locataires.

Résultats «stables»

Le PDC peut aborder la prochaine législature sereinement, a estimé samedi son président Gerhard Pfister. Grâce à ses résultats «stables» aux élections, aucune majorité ne sera atteinte sans le Parti démocrate-chrétien au Parlement ces quatre prochaines années, dit-il.

Le PDC doit profiter de cette constellation, a lancé Gerhard Pfister lors de son discours devant l'assemblée des délégués réunis à Langenthal (BE). «Nous ne voulons pas seulement être celui qui fait pencher la balance. Nous voulons produire des résultats grâce à notre propre politique.»

Avec cette nouvelle dynamique, les démocrates-chrétiens ont la responsabilité de présenter plus de solutions issues du centre, a-t-il poursuivi. La Suisse en profitera, car tout Etat profite d'une consolidation de la «politique du centre». Une politique qui est équilibrée, pragmatique, et qui garantit les valeurs, selon lui.

Une force rassembleuse est nécessaire, car le succès de la Suisse réside dans sa cohésion, a encore noté le président du parti. Et de préciser que la politique du centre, et avec elle le PDC, a la mission de conserver cette cohésion.

Lors de la prochaine législature, le PDC fera partie d'un nouveau groupe parlementaire, à savoir «le groupe du centre. PDC-PEV-PBD». Le nombre exact de ses membres ne sera connu qu'après le dernier second tour pour les Etats, le 24 novembre. Le PDC a été devancé par les Verts lors des élections du 20 octobre. Il a toutefois moins perdu des plumes que prédit: sa part d'électorat s'est rétractée de 11,6 à 11,4%.

Politique climatique conséquente

La précédente législature a vu un nombre record de procédures d'élimination des divergences entre les deux Chambres fédérales, à savoir 29, a souligné de son côté la conseillère fédérale Viola Amherd devant les délégués. Le peuple veut un parlement qui parvient à des décisions rapidement et de manière pragmatique, a assuré la ministre de la défense.

A ses yeux, les démocrates-chrétiens auront aussi l'occasion de jouer un rôle dans l'élaboration de ces solutions. Ils pourront mener le nouveau centre, car il faudra compter avec eux ces quatre prochaines années.

Les résultats des élections du 20 octobre ont également démontré qu'il faut désormais s'atteler sérieusement à la politique climatique, a poursuivi la Valaisanne. La mise en oeuvre de la Stratégie climatique 2050 ne doit pas se faire attendre.

Outre une loi sur le CO2 conséquente, le PDC entend s'engager pour «le maintien des relations bilatérales» avec l'Union européenne et la suppression de la discrimination fiscale des couples mariés, avait annoncé plus tôt Gerhard Pfister.

(nxp/ats)