Assemblée du PS

03 décembre 2011 11:19; Act: 03.12.2011 16:33 Print

Le PS pourrait quitter le gouvernement

L'assemblée du PS se tient samedi à Lucerne. Si l'UDC devait ravir un siège au parti socialiste, ce dernier reconsidérera sa présence au gouvernement.

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Christian Levrat reste confiant avant les élections du 14 décembre. (Photo: Keystone)

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Le PS ne se bornera pas à fournir «un seul ministre alibi dans une majorité de droite». En cas de non élection du Fribourgeois Alain Berset ou du Vaudois Pierre-Yves Maillard, un congrès extraordinaire déciderait en février si le parti reste au gouvernement ou non.

Berset et Maillard ovationnés

Présents à Lucerne, les deux candidats socialistes au Conseil fédéral ont été ovationnés par leurs camarades de parti, debout. En poussant le PS dans l'opposition, la droite bourgeoise risquerait de provoquer «des tensions accrues, dangereuses en pleine crise économique», a prévenu Christian Levrat.

Ces derniers jours, l'UDC a menacé de s'en prendre au siège socialiste laissé vacant par Micheline Calmy-Rey si le parlement n'élit pas un des siens à la place d'Eveline Widmer-Schlumpf (PBD). Le président du PS s'est voulu rassurant, rappelant que le gain de 7 sièges au parlement permet au PS de peser le 14 décembre prochain.

Revenant sur les élections fédérales, il a salué le «bon» bilan du parti. «L'objectif est déjà fixé pour 2015: devenir le plus grand groupe de l'Assemblée fédérale.» Il suit pour l'heure l'UDC, à deux sièges.

Pour y parvenir, il faudra reconquérir les électeurs des Vert'libéraux, selon le Fribourgeois. Et de critiquer l'»absence de solidarité» de ce parti qui a «mangé son pain blanc» et «fera des déçus».

Contre le «managed care»

Durant l'assemblée, les délégués ont décidé de soutenir le référendum de la FMH contre la loi «managed care». Par 124 voix contre 54 et 5 abstentions, ils ont suivi le comité directeur en dénonçant un compromis déséquilibré et peu transparent. Seuls les patients aisés pourront encore choisir leur médecin si le texte «totalement vidé de substance» par le parlement entre en vigueur, avertit le PS.

La révision de la LAMal prévoit que les personnes non inscrites dans un réseau de soins paieront 15% des frais médicaux, une fois la franchise atteinte, et jusqu'à 1000 francs au lieu de 700 actuellement. Aujourd'hui, tous les assurés paient une quote-part de 10%. Plus de la moitié se rendent dans des réseaux de soins (HMO ou médecins de famille).

Les avions et Novartis

Les socialistes ne veulent pas non plus des avions de combat que le parlement a décidé d'acquérir. Précisant le refus prononcé par les délégués en octobre dernier, ils ont approuvé le lancement d'un référendum contre les coupes budgétaires entraînées par l'achat des Gripen. Si besoin, le PS lancera une initiative pour interdire de telles acquisitions jusqu'en 2025.

Les suppressions d'emplois chez Novartis ont aussi mobilisé les délégués. Ces derniers ont adopté une résolution appelant le géant bâlois de la pharma à revenir sur sa décision de fermer le site de Nyon-Prangins (VD) et à maintenir les 1100 emplois visés sur place et en région bâloise. Le PS soutient la pétition du syndicat Unia et appelle les autorités à ne pas céder.

Nouveau vice-président

L'assemblée du PS a par ailleurs donné ses mots d'ordre en vue des votations fédérales du 11 mars prochain. Elle rejette l'initiative sur l'épargne-logement. Le parti recommande par contre le «oui» à l'initiative «6 semaines de vacances pour tous» et à celle sur la limitation des résidences secondaires. L'arrêté sur les jeux d'argent et la loi sur le prix unique du livre ont également obtenu les faveurs du PS.

Enfin, le parti compte un nouveau vice-président, âgé de 26 ans. Le Lucernois David Roth, président de la Jeunesse socialiste, succède à l'Argovien Cédric Wermuth, qui avait annoncé son départ au printemps dernier. Les délégués ont élu le candidat unique à l'unanimité. La présidence du parti est composée d'un président et de cinq vice-présidents.

(ats)