Suisse

01 décembre 2018 18:32; Act: 01.12.2018 19:09 Print

Le PS prêt à lutter contre l'accord avec l'UE

L'ouverture de la Suisse vers l'Union Européenne ne doit pas se faire au détriment des travailleurs, selon le parti de Christian Levrat.

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Christian Levrat. (Photo: Keystone)

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Le président du parti socialiste s'est prononcé contre un accord-cadre avec l'UE qui se ferait au détriment des travailleurs. Lors du congrès du parti à Windisch (AG), il a déclaré que le PS lancerait un référendum contre un tel traité.

L'ouverture de la Suisse vers l'Union Européenne doit conduire à un renforcement des mesures de protection sociale et non à leur affaiblissement, a déclaré M. Levrat dans son discours aux délégués samedi. Ceux qui sont prêts à sacrifier les mesures de protection salariales pour conclure un accord-cadre hypothétique sont des «têtes brûlées».

La population ne soutiendrait jamais un traité avec l'UE s'il ouvrait la porte au dumping salarial, a prévenu le président du PS. Il est, selon lui, inutile de vouloir foncer tête baissée, car dans sa forme actuelle, l'accord ne trouverait probablement pas de majorité ni au Parlement ni dans la population.

Tirer sur le frein à main

Si le Conseil fédéral veut conclure un accord sur le dos des travailleurs, le PS proposera de le refuser. Si cela s'avérait nécessaire, il lancera un référendum. M. Levrat a été applaudi par les délégués après cette déclaration.

Parce que le PS croit en l'intégration européenne de la Suisse, il se doit de tirer sur le frein à main si la protection salariale se voyait affaiblie. Ce serait une dangereuse illusion de croire que la Suisse peut se lier davantage à l'UE sans développer dans le même temps des mesures d'accompagnement ciblées. On ne va pas regarder passivement la droite et ses alliés conduire la Suisse vers l'isolement.

«Reprendre la majorité»

Dans son discours, le président de la Confédération Alain Berset a rappelé que les négociations sur un accord-cadre sont encore en cours. Il a souligné que tout le monde veut des relations solides avec l'UE et que tous les pays ne sont pas simplement des concurrents, mais aussi des partenaires.

Selon lui, la stabilité et l'ouverture font partie de l'identité helvétique. Dresser des frontières reviendrait à agir de façon «moins suisse». La fiabilité, la solidité et l'équité sont les bases de notre relation à l'Europe.

A l'approche des élections nationales de 2019, Christian Levrat a appelé à permettre «aux forces progressistes de reprendre la majorité dans ce pays». Ces élections sont décisives pour l'avenir de la Suisse et il faut lutter contre les populistes et les nationalistes, a-t-il affirmé, accusant le PLR et le PDC de s'incliner devant l'UDC.

«Notre économie»

Le congrès de deux jours du PS est dominé par le nouveau concept économique du parti. Après de longues délibérations, les délégués l'ont approuvé par 340 voix contre cinq et huit abstentions. Le PS est la seule force capable de freiner le capitalisme sauvage, s'est félicité le vice-président du parti Beat Jans.

Le projet économique du PS, un document de plus de 60 pages baptisé «Notre économie» demande l'introduction progressive de la semaine de 35 heures, six semaines de vacances pour tous, un salaire minimum de 22 francs par heure et l'égalité salariale entre hommes et femmes.

Le document précise en outre que le licenciement des employés âgés de plus de 55 ans ayant plus de dix ans de service devrait être interdit. Au lieu d'un congé de maternité de 14 semaines, il propose un congé parental d'au moins 38 semaines. Il appelle notamment à un approvisionnement en électricité issu à 100% d'énergies renouvelables d'ici 2030.

Primes plafonnées à 10%

Les délégués doivent décider dimanche de lancer une initiative pour aider les personnes à faible revenu à faire face à la hausse constante des primes de l'assurance maladie. Les primes devraient représenter au maximum 10% du revenu disponible.

L'initiative veut définir clairement le revenu disponible. Le PS stipule que le revenu imposable selon la loi fiscale sera utilisé à cette fin. La prime de référence serait la prime standard de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les subventions aux primes dans les cantons doivent être harmonisées.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • enfin le 01.12.2018 19:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    c'est le moment

    Si le PS pouvait lutter également contre les frontaliers et les RH des administrations étrangers qui n'embauchent que leurs compatriotes ce serait un minimum

  • hé hé le 01.12.2018 20:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Réveillez-vous!

    Ouvrir la porte au dumping salarial... Mais pauvre Monsieur Levrat, regardez la réalité en face, la porte est déjà grande ouverte depuis pas mal de temps... venez sur la côte lémanique et renseignez-vous auprès des travailleurs suisses et des jeunes qui ne trouvent plus de travail car ils coûtent plus cher que les frontaliers qui engorgent nos routes chaque jour. La priorité de l'emploi avec un salaire correct devrait être instaurée depuis longtemps...

  • Marie le 01.12.2018 19:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Schizophrénie

    Ben fallait voter udc dimanche dernier non?

Les derniers commentaires

  • L'armailli le 09.12.2018 16:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    aller plus loin dans le brouillard?

    Quit à paraître retro ou demeuré à vision courte, ...faut il vraiment entrer encore plus dans cette europe qui se lézarde, et ne pas préserver ce qui a toujours fait la Suisse, notre indépendance et neutraité, notre marcher local et recherché, ...tout vouloir intègrer à cette diabolique mondialisation finira par perdre le peu qu'il reste à notre pays...si ce n'est pas déjà trop tard, nous avons déjà perdu plus que l'essentiel et sommes mouillés plus haut que le nombri!!?

  • Philippe le 04.12.2018 11:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Oh !

    MIRACLE !

  • Sanstête le 02.12.2018 20:31 Report dénoncer ce commentaire

    Cqfd

    Chaque part à ces intérêts. La gauche, le peuple du pays; le centre, un peu de tout; l'extrême droite surtout un milliardaire du pays.

    • Avygael le 02.12.2018 23:13 Report dénoncer ce commentaire

      @Sanstête

      Très juste. La meilleure combinaison: une minorité de gauche pour donner quelques idées intéressantes et une majorité de centre et droite (sans extrême droite) pour y réfléchir avec pragmatisme et mettre en place une solution réaliste qui reprend la bonne idée de base de la gauche. Avec une telle combinaison, la Suisse en sortirait vraiment gagnante. Ce qui manque au PS, ce ne sont pas les idées, mais la capacité à les mettre en place de façon réaliste.

  • Hélène le 02.12.2018 18:48 Report dénoncer ce commentaire

    Il n'est jamais trop tard..

    que le PS se réveille et défende enfin les autochtones.

    • Avygael le 02.12.2018 23:14 Report dénoncer ce commentaire

      @Hélène

      Ils ont toujours défendu les habitants de Suisse. Ce n'est certainement pas Blocher qui l'a fait jusqu'à aujourd'hui. Je n'aime pas la gauche plus que tant mais faut pas leur retirer leurs quelques mérites.

  • Amelie Merlot le 02.12.2018 16:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est le moment

    Le Parti socialiste deviendrais-t-il enfin raisonnable?