Carburant

13 février 2011 12:12; Act: 13.02.2011 12:22 Print

Le bioéthanol suisse a du plomb dans l’aile

Deux usines de ce carburant devaient voir le jour dans le Jura et en Argovie. 180 millions étaient prévus à cet effet. Elles ne seront pas construites.

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Les Suissses ne sont guère friands de bioéthanol: celui-ci représente un demi-pourcent de la consommation automobile globale du pays. (Photo: Keystone)

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Delémont (JU) devrait accueillir la première usine de raffinage de bioéthanol de Suisse et la société Greenbioenergy devait investir 100 millions de francs pour construire ce bâtiment. Il s’agissait du plus gros investissement privé réalisé dans le canton du Jura. Bien que les prix de la benzine continuent à la hausse, l’usine de Delémont ne se construira pas. Patrick Tchan, le porte-parole de Greenbioenergy, confirme: «Le projet est caduc en raison d’une trop forte opposition locale. Les investisseurs scandinaves ont décidé de ne pas verser un sou», confie-t-il au «SonntagsBlick». L’usine jurassienne aurait produit annuellement près de 100 000 tonnes de biocarburant issu de la canne à sucre, ce qui a particulièrement fâché une partie des opposants, et 30 000 tonnes d'alcool pharmaceutique. La nouvelle entreprise aurait créé 20 à 25 emplois qualifiés.

En mai 2009, le collectif contre l’importation de bioéthanol brésilien avait déjà fait entendre son point de vue : «Utiliser la canne à sucre du Brésil pour alimenter les voitures est irresponsable du point de vue éthique, environnemental et social. Le projet delémontain ne fait pas exception».

En Argovie également

130 millions de litres de bioéthanol issu partiellement du colza aurait également dû voir le jour à Bad Zurzach (AG). Là aussi, les initiateurs du projet ont dû renoncer. Selon Ulrich Frey, de Green Bio Fuel, le projet ne pourra démarrer que «si nous bénéficions d’allègements fiscaux et si les conditions-cadres ne sont pas renforcées».

(rga)