Berne

21 juin 2011 07:25; Act: 21.06.2011 22:05 Print

Le camp des anti-nucléaire évacué

A Berne, les autorités ont fait évacuer mardi à l'aube le camp des anti-nucléaires devant le siège des FMB. Les 26 personnes qui exigent l'arrêt immédiat de Mühleberg ont été interpellées.

Voir le diaporama en grand »

Les activistes n'ont pas voulu évacuer le camp d'eux-même.

Sur ce sujet
Une faute?

La patience des autorités bernoises a des limites. L'exécutif de la ville a fait évacuer mardi à l'aube le campement installé depuis plus de deux mois par les activistes anti-nucléaires devant le siège des FMB. Les 26 personnes qui exigent l'arrêt immédiat de la centrale de Mühleberg ont été interpellées.

Malgré plusieurs négociations, les activistes n'ont pas voulu lever d'eux-mêmes le camp, indique mardi le Conseil municipal de la ville de Berne. La police est donc intervenue pour faire démonter les tentes dès 03h30, précisent les autorités. Les personnes interpellées ont été soumises à un contrôle d'identité et relâchées tôt le matin.

Après l'évacuation du campement, une douzaine de policiers surveillaient les lieux tandis que des jardiniers municipaux s'employaient à remettre le petit parc en état, a constaté un journaliste de l'ATS sur place.

«Un scandale»

Cette évacuation a immédiatement suscité de nombreuses réactions, surtout dans le camp des anti-nucléaires. Activiste et membre des Jeunes Verts, Philipp Zimmermann s'est dit déçu de cette opération du Conseil municipal. A ses yeux, c'est un scandale que l'on évacue ce campement de protestation «au lieu d'agir contre ce réacteur de Mühleberg qui est bon pour la casse».

Sa collègue des Jeunes Verts, Aline Trede, a qualifié la manière d'agir de la ville d'opération électoraliste du maire Alexander Tschäppät (PS), qui est candidat au Conseil national. «Nous allons certainement exiger sa démission», a-t-elle dit.

Rassemblements de solidarité

Les anti-nucléaires n'ont d'ailleurs pas l'intention de baisser les bras: un pique-nique de protestation a déjà eu lieu mardi à midi en présence de 200 personnes face au déploiement policier.

Dans la soirée, une manifestation a rassemblé dans le calme quelques centaines de personnes dans la ville fédérale. Les participants ont exprimé leur solidarité avec les activistes anti- nucléaires et dénoncé l'évacuation du camp.

Un nouveau rassemblement est prévu jeudi. Les activistes entendent poursuivre leur mouvement jusqu'à ce que la centrale de Mühleberg soit débranchée du réseau.

Le PLR satisfait

Les partis bourgeois avaient fait pression pour que l'on déloge les activistes de ce terrain public et critiqué l'exécutif communal pour sa mollesse. Le PLR a donc salué l'action de mardi et se demande pourquoi elle n'a pas été menée plus tôt.

Après la catastrophe de Fukushima, les anti-nucléaires avaient d'abord installé, début avril, un petit campement de tentes sur le pré situé devant le siège des Forces motrices bernoises (FMB). Ils voulaient y rester jusqu'à ce que l'entreprise arrête la centrale de Mühleberg.

Les opposants ont obtenu un large soutien de la population et le campement s'est agrandi. Des concerts et diverses activités ont été organisées. La ville de Berne a d'abord toléré ce camp, avant de tenter en vain de négocier un délai de départ. La semaine dernière, le Grand Conseil a décidé de ne pas démanteler de suite la centrale exploitée par les FMB.

(ats)