Suisse

21 septembre 2019 07:15; Act: 21.09.2019 07:33 Print

Le chef du SEM pour une réforme de l'asile

Le secrétaire d'Etat aux migrations Mario Gattiker critique dans la presse de samedi la politique d'asile européenne.

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Mario Gattiker estime que l'Europe n'a pas fait beaucoup de progrès depuis la crise des réfugiés sur la question de la répartition des requérants d'asile entre pays. (Photo: Keystone)

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Le Secrétaire d'Etat aux migrations (SEM) Mario Gattiker pointe du doigt, samedi dans la presse, les efforts faits ces derniers temps par plusieurs pays pour se répartir les personnes sauvées en mer Méditerranée.

«Nous estimons qu'il n'est pas raisonnable de répartir entre pays des personnes [...] même si elles n'ont aucun motif d'asile valable». Et cette situation «concerne de nombreuses personnes qui débarquent», déclare Mario Gattiker dans un entretien diffusé samedi par les journaux du groupe de presse CH Media. Selon lui, il faut avant tout des procédures d'asile rapides et une politique de rapatriement cohérente dans les pays d'accueil.

Des «solutions à court terme»

Le responsable de 62 ans remarque que l'Europe n'a pas fait beaucoup de progrès depuis la crise des réfugiés sur la question de la répartition des requérants d'asile entre pays. Il espère que la nouvelle Commission européenne, qui entrera en fonctions en novembre avec l'Allemande Ursula von der Leyen à sa tête, «apportera un vent nouveau et de nouvelles approches».

Une réforme de l'accord de Dublin sur l'asile, dont fait partie la Suisse, serait plus «efficace» que des «solutions à court terme», poursuit-il. «Il faut des procédures moins bureaucratiques et plus rapides, ainsi qu'un mécanisme pour alléger la charge pesant sur les Etats situés sur la frontière extérieure [de l'Union européenne, ndlr] dans les situations de crise».

Réunion lundi

Mario Gattiker appelle également l'UE à adopter une pratique uniforme en matière d'asile. «Ce n'est pas possible que les personnes d'Afghanistan se voient accorder le droit de rester dans un pays dans 90% des cas et, dans un autre, dans 40% des cas». Ces différences provoquent des migrations intra-européennes, selon lui.

Le chef du SEM balaie dans la foulée les critiques sur le manque de générosité de la Suisse à l'égard des réfugiés. «Nous avons montré que nous étions très solidaires pendant la crise des réfugiés, notamment en acceptant 1500 personnes de Grèce et d'Italie».

Malte a invité des représentants de France, d'Italie, d'Allemagne, de Finlande, pays qui assume actuellement la présidence tournante de l'UE, et de la Commission européenne à se réunir lundi à Vittoriosa pour trouver un règlement provisoire sur des quotas. La proposition doit ensuite être soumise aux chefs d'Etat et de gouvernement en octobre.

(nxp/ats)