Suisse

08 novembre 2019 13:30; Act: 08.11.2019 15:52 Print

Le congé paternité est combattu par référendum

Un comité interpartis part en croisade contre les deux semaines de congé paternité décidées par le Parlement suisse.

«Devenir parent n'est pas une maladie», soutient le comité interpartis contre le congé paternité.
Sur ce sujet
Une faute?

Le congé paternité est trop coûteux. Un comité interpartis «contre la hausse constante des ponctions sur les salaires» a lancé vendredi le référendum contre les deux semaines pour les pères décidées par le Parlement.

«Il nous reste toujours moins de notre revenu ponctionné par des redevances et des cotisations sociales de plus en plus lourdes», a déclaré la conseillère nationale et coprésidente du comité Diana Gutjahr (UDC/TG) devant les médias. Salariés et employeurs devraient payer 250 millions de francs de plus par an.

Et ce n'est pas tout. Des ponctions sont à prévoir pour financer un congé pour les proches aidants, pour les parents qui adoptent et pour un congé parental, critique le comité. Ces augmentations mettent en danger la compétitivité des PME et les places de travail.

Pas une maladie

Le comité ne veut pas d'une nouvelle assurance sociale. «Le financement de l'AVS, de l'AI et des caisses de pensions n'est pas garanti à long terme», a argué la coprésidente du comité Susanne Brunner. Tout comme le financement des soins, a-t-elle ajouté. «Notre devoir est d'assainir ces assurances.»

Ces assurances sociales ont été introduites pour faire face à la misère provoquée par la maladie, un accident, la vieillesse ou le chômage. «Devenir parent n'est pas une maladie.» Une assurance sociale ne doit pas permettre de briser des rôles traditionnels. Et elle ne doit pas servir à «payer des vacances à quelques pères».

Un «bon père»

De plus, avance le comité, un congé de deux semaines ne fait pas un bon père. Un père prévoyant doit se soucier de ses enfants jusqu'à leur majorité au moins.

L'Etat n'a pas à se mêler des affaires des familles. Il n'a pas à rééduquer les hommes. Les parents doivent décider eux-mêmes de leurs besoins pour l'éducation des enfants.

«Aujourd'hui, on peut s'arranger», les heures de travail sont plus flexibles, a souligné l'ancien conseiller national Arthur Loepfe (PDC/AI).

Le comité est formé de politiciens et d'entrepreneurs issus majoritairement des rangs de l'UDC, avec quelques membres du PLR et du PDC. Il se montre confiant quant à la récolte des 50'000 signatures. Il a jusqu'au 23 janvier prochain.

Soutien de la population

Le Parlement a soutenu en septembre un congé de deux semaines pour les pères. Il a estimé qu'un tel congé répond aux exigences de la nouvelle génération. Son introduction est un signal fort pour les familles, il est compatible avec l'économie et finançable.

Il sera financé par les allocations pour perte de gain. Pour deux semaines, il faut augmenter l'actuel taux de cotisation aux APG (0,46%) de 0,06 point, dont la moitié pour l'employé. Sur le salaire moyen suisse (6500 francs par mois), cela représente 3,90 francs par mois, dont 1,95 pour l'employé.

Un Röstigraben se dessine au sein de l'UDC. Le parti suisse appuie le référendum. Mais les sections cantonales valaisanne et genevoise ont déjà annoncé qu'elles soutiendraient le congé paternité de deux semaines. Pour l'UDC du Valais romand, les dix jours proposés ne vont pas assez loin. La section est même favorable à un congé parental. Le congé paternité a aussi le soutien de la majorité de la population selon les sondages. La Suisse est le seul pays d'Europe qui ne connaît ni congé paternité, ni congé parental.

Au peuple de décider

L'initiative populaire pour un congé de vingt jours a été retirée par le comité à condition qu'il n'y ait pas de référendum contre le projet du Parlement. Le retrait sera effectif si le référendum n'aboutit pas ou si le peuple vote «non» au référendum. S'il vote «oui», les Suisses devront aussi se prononcer sur le congé de quatre semaines exigé par l'initiative.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • qwerty le 08.11.2019 13:51 Report dénoncer ce commentaire

    Et l'armée c'est pas couteux

    Par contre, payer des APGs pour aller glandouiller à l'armée c'est pas un problème. De plus, c'est pas avec ce type d'initiative que le taux de natalité va augmenter...

  • E. le 08.11.2019 13:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une naissance c'est important.

    Et bien si initiative il y a j'espère qu'elle sera balayé. Si on peut s'absenter deux semaines par an pour une armée inutile j'espère bien qu'on pourra le faire pour un évènement aussi important qu'une naissance !

  • andreas le 08.11.2019 13:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vivelasuisse

    Mis a part les fonctionnaires a en croire l'article de l'autre jour. Catégorie privilegiée à la "source des impôts". Sans rire la Suisse me surprends chaque jour: payer plus (billag et compagnie/caisses de maladies qui augmentent chaque année malgré benef.), travailler plus (refus 5 semaines de congé), monter l'âge de la retraite...Les pays nordiques ont des congés maternités/ paternités bien suppérieurs et pourtant leurs PME ne font pas faillite pour autant. J'aimerais bien savoir avec transparence ou part l'argent de mes impôts car je ne comprends vraiment pas.

Les derniers commentaires

  • Dru le 10.11.2019 21:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Prends tes responsabilités

    Le problème est toujours le même : qui paye ? Parce que même si les bénéficiaires aiment l'oublier, ça coûte. Et plutôt cher. En 9 mois on peut mettre au moins 3 semaines de vacances de côté. A les écouter on se demande comment on a fait jusqu'à présent pour survivre.

  • Yvan Descloux-Rouiller le 10.11.2019 15:46 Report dénoncer ce commentaire

    Super !!

    Grace à ces 2 semaines de vacances EasyJet va encore augmenter la fréquentation de ses avions ! Les moutards en crèche et les parents en vacances ! Elle est pas belle la vie ! Et tout ça au frais des contribuables !! Il serait temps de réfléchir à établir un planning familial car nous sommes trop nombreux sur cette terre !!

  • Soleil97 le 09.11.2019 11:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Marre!!!

    Ras le bol de bosser pour payer les déductions de mon salaire !! Et voir ma retraite diminuer!

  • Mat le 09.11.2019 01:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le revers sera violent

    Strictement aucune chance de reussite et c est meme un suicide politique en romandie. La ils perdent la tete je crois. Apres les derniers resultats electoraux catastrophiques, ils s attaquent a ca...Strategie zero pointe. Les gens veulent des points en leur faveur, pas contre ! Il ne restera plus que l electorat de vieux conservateurs et nantis, bref une minorite.

    • Lecarougeoix@gmail.com le 09.11.2019 10:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      La honte du CF

      Moins ont veut faire de travail plus ont exige de congé au détriment de ceux qui travaillent, déplorable et triste mentalité, le CF écoute et autorise 2 semaines aux nouveaux pères, mais fait la dure oreilles pour les 1 Millions 300'00.-- rentiers de L'AVS HONTE A C'EST DERNIERS FOSSOYEURS DE MISÈRE.

  • Jean S. le 08.11.2019 23:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    partage, égalité, equité

    La coprésident(e), qui dit que l'accouchement n'est pas une maladie, mais alors pourquoi ne pas partager le congé maternité comme dans d'autre pays ? 1 jour de congé c'est comme un déménagement....et après on veut faire évoluer le rôle du père dans la société.

    • Lecarougeoix@gmail.com le 09.11.2019 10:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      Vraiment déplorable

      C'est pas les congés qui changent la mentalités de certains pères, ont encourage de faire trinquer les femmes et hommes + les célibataires à payer déplorable.

    • Shilton le 12.11.2019 08:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jean S.

      J'ai eu un jour de congé pour chacune de mes filles. Mon rôle père a été tenu, elle n'ont manque de rien, ni de ma présence. J'ai fait plein d'activités, était présent lorsqu'elles étaient malade, j'ai été la petite souris etc. Ce ne sont pas deux semaines de congé qui font un père c'est l'éducation que l'on a reçu et son envie d'être père et pas uniquement un géniteur Je ne suis pas contre deux semaines, mais comment seront-elles financées et surtout n'oubliez pas que le travail des absents sera fait par les présents. Tout le monde est pour, et après d'face au bulletin de vote, on est seul.