Institutions

08 mai 2017 12:05; Act: 08.05.2017 12:34 Print

Le fédéralisme est mal compris par les Suisses

Un tiers des Helvètes n'a qu'une notion vague de ce qu'il représente, montre un sondage en vue de la conférence nationale d'octobre à Montreux.

storybild

Dans le grand public, seuls 45% des Suisses se disent très attachés ou attachés au fédéralisme. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Pour 35% de la population, le fédéralisme est une notion assez vague. Et moins de la moitié des gens se disent attachés à ce système. C'est le résultat inquiétant d'un sondage commandé en vue de la conférence nationale les 26 et 27 octobre à Montreux (VD).

Intitulée «La Suisse sera-t-elle encore fédéraliste dans 50 ans?», la 5e conférence sur le fédéralisme entend faire le point sur la question. Ce pays, considéré comme le pays le plus fédéralisé du monde, fait face à des tendances centralisatrices. Or le fédéralisme évolue et change dans la perception des gens.

Selon un sondage MIS Trend, réalisé auprès de 500 «leaders d'opinion» et 1200 personnes au début de l'année et partiellement dévoilé lundi à Berne, l'importance du fédéralisme suisse est très relative: dans le grand public, seuls 45% se disent très attachés ou attachés au système, contre 81% des décideurs.

Les Tessinois sont les plus fervents fédéralistes (38%), suivis des Romands (31%) et des Alémaniques (21%). Les jeunes (37%) y sont moins attachés que les seniors de plus de 60 ans (57%). Plus les gens sont formés, plus ils y tiennent.

Très peu de changements souhaités

Interrogés sur le sens qu'ils donnent au fédéralisme et à ses institutions, les sondés montrent des connaissances très variables. Pour 7% du grand public, le fédéralisme est une notion «très vague» tandis que 28% se contentent d'un «assez vague». Chez les leaders, seuls 4% au total ont une notion peu claire du système.

Malgré leurs connaissances parfois lacunaires, les Suisses semblent s'accommoder de la situation actuelle. Ils sont 72% dans le grand public à estimer que le système ne doit pas subir de changements, ou alors de simples aménagements. Chez les leaders d'opinion, cette proportion s'élève à 87%. Les Alémaniques marquent un plus grand attachement à ne rien changer que les Latins.

Ce n'est qu'un extrait du sondage sur la perception du fédéralisme par la population et les décideurs. Les résultats complets seront présentés lors de la conférence d'octobre. Ces résultats démontrent la nécessité de mieux expliquer le système, ses mécanismes, ses avantages mais aussi les limites d'une organisation non centralisée.

Enjeux internationaux

La Suisse a hérité de 700 ans de fédéralisme. Aujourd'hui, les cantons sont confrontés à des enjeux complexes d'ordre économique, climatique ou sécuritaire influencés par des évolutions internationales. Les cantons ont-ils la compétence et les moyens de faire face ou faut-il revoir la répartition des tâches? Une étude des cantons atteste de la difficulté à résister.

La conférence de Montreux évoquera l'avenir de la décentralisation en Suisse, le rapport entre cantons et communes et les expériences à l'étranger. Plus de 300 personnes sont attendues, parmi lesquelles la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet ou le syndic de Lausanne Grégoire Junod.

La conférence nationale sur le fédéralisme a été introduite il y a près de quinze ans par les cantons, le Conseil fédéral et le Conseil des Etats. Elle a lieu tous les trois ans.

(nxp/ats)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • isidore d'olle le 08.05.2017 12:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Instruction civique

    Il est donc grand temps de remettre 1 h d'instruction civique dans la 1ere année du degré secondaire. À bon entendeur

  • Charles1991 le 08.05.2017 13:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Enseigner

    Il faut être bête alors. Remettons des cours de civisme et ce, durant tout le cursus secondaire.

  • giof le 08.05.2017 12:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    à ne rien comprendre

    En lisant les chiffres que vous mentionnez dans l'article J'ai plutôt le sentiment que le fédéralisme à encore des beaux jours dans notre pays. Ou alors je n'ai rien compris.

Les derniers commentaires

  • Tacotac le 10.05.2017 07:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La fin

    Notre Confédération est sur le point d'imploser. Chaque canton ne cherche qu'à profiter des autres et les citoyens pensent que l'Etat doit tout leur donner. Il n'y a plus de respect entre langues, plus de but commun, plus rien qui unit.

  • Jé péto le 09.05.2017 07:47 Report dénoncer ce commentaire

    Alliance

    Qui pour une confédération Boréale ?

  • Ras-le-bol le 08.05.2017 20:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ya plus de Suisses en Suisse

    normal, ya plus de Suisses en Suisses, avec plus de 50% d'étrangers déclarés, ils risquent pas de comprendre le fédéralisme, ils sont là pour émarger au social...

  • Maître Capello le 08.05.2017 18:23 Report dénoncer ce commentaire

    La honte.

    Avant de parler d'instruction civique, parlons d'instruction tout court. On dit : "un tiers des Helvètes n'ONT qu'une notion vague...", et pas "n'A" !!!... Et dans le titre, en plus. Avant d'étudier quoi que ce soit, apprenons d'abord à accorder un verbe à son sujet.

    • JMLRDA le 08.05.2017 19:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Maître Capello

      Reste à savoir si le sujet est le tiers ou les helvétes, pouvons-nous savoir quelle règle vous appliquez dans ce cas et qui la valide ?

  • DATA le 08.05.2017 17:37 Report dénoncer ce commentaire

    Pour commencer..

    Pour commencer on pourrait expliquer aux parlementaires qu'ils sont sensé respecter la constitution quand celle ci est modifié par une initiative populaire. Que voulez vous attendre des citoyens quand les élus ne respectent pas notre système démocratique ? Vous pensez qu'un peu de formation va changer quelque choses ?