Thurgovie

14 juin 2017 08:27; Act: 14.06.2017 13:25 Print

Le français maintenu à l'école primaire

Surprise au grand Conseil thurgovien: la langue de Molière restera finalement enseignée aux jeunes élèves.

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Dans une ultime tentative de renverser l'avis du Parlement, le gouvernement thurgovien a annoncé mi-mai l'introduction de mesures visant à faciliter l'enseignement du français. (Photo: Keystone)

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Coup de théâtre: le français restera enseigné à l'école primaire en Thurgovie. Le Grand Conseil a finalement décidé mercredi matin, par 62 voix contre 60, de biffer un article de la loi scolaire prévoyant de renvoyer l'enseignement du français à l'école secondaire.

Les mesures proposées mi-mai par le gouvernement pour améliorer l'enseignement du français au primaire semblent avoir convaincu une poignée de député de changer d'avis en seconde lecture. Il y a un mois, le législatif avait maintenu le paragraphe par 64 voix contre 53, en première lecture.

Lors du débat de près de deux heures, plusieurs députés ont salué les mesures prévues ou, du moins, déclaré qu'il fallait leur donner une chance. Celles-ci comprennent davantage d'enseignement par demi-classe, des dispenses facilitées pour les élèves en difficulté ou encore du nouveau matériel d'enseignement. Elles doivent entrer en vigueur au début de l'année scolaire 2018/19.

Isolement cantonal

Le «non» zurichois à la suppression d'une langue étrangère à l'école primaire a également apporté de l'eau au moulin des opposant à l'article de loi. Plusieurs d'entre eux ont souligné que la Thurgovie se retrouverait bien isolée en matière d'enseignement des langues, si l'article était confirmé.

Les opposants au français précoce ont, eux, mis en doute l'efficacité des mesures proposées. Ils ne se sont pas non plus montrés convaincus que celles-ci ne provoqueraient pas de coûts supplémentaires.

A l'adresse de la Suisse romande, où de nombreuses réactions ont suivi la première lecture, ils ont souligné qu'ils n'étaient pas contre le français. Au contraire, la modification de la loi renforcerait son enseignement à l'école secondaire.

Au final, la décision a été très serrée. L'UDC, les Verts, le PDC et l'UDF voulaient le renvoi du français au secondaire. Le PLR, le PS, une minorité démocrate-chrétienne, les Vert'libéraux, le PBD et le PEV ont réussi à le maintenir grâce à des voix dissidentes des partis opposants.

Elèves dépassés

Le vote de mercredi met fin au débat sur l'enseignement des langues lancé en 2014 en Thurgovie. Le Grand Conseil avait alors adopté une motion demandant la suppression du français à l'école primaire, constatant que les buts d'enseignement n'étaient pas atteints et que de nombreux élèves étaient dépassés, voire surchargés.

Le gouvernement avait adapté le plan d'étude en conséquence. Soumis à consultation, celui-ci avait provoqué un tollé. L'exécutif avait alors décidé de proposer un changement de la loi scolaire. Sans le nouvel article, la loi reste inchangée et le débat est clos.

(nxp/ats)