Nucléaire en Suisse

14 mars 2011 15:48; Act: 14.03.2011 15:53 Print

Le gel des procédures plutôt bien accueilli

La suspension des procédures concernant les nouvelles centrales nucléaires, décidée lundi par Doris Leuthard, est en général bien accueillie.

Une faute?

Le choix de la ministre de l'environnement et de l'énergie a été salué par le Parti socialiste (PS), le Parti démocrate-chrétien (PDC) et les Verts. Pour ses trois formations, il importe de tirer les leçons de la catastrophe survenue au Japon.

Le PS préconise le refus de toute nouvelle centrale nucléaire et un plan précis pour la fermeture des cinq réacteurs implantés en Suisse. Le PDC considère que sa ministre a eu une «réaction juste dans une telle situation», a estimé la porte-parole du parti Marianne Binder.

Le Parti libéral-radical (PLR) et le Parti bourgeois-démocrate (PBD) jugent la décision de Doris Leuthard «précipitée». Comme d'autres partis, ils estiment qu'il faut analyser les conséquences des accidents des réacteurs de la centrale japonaise. Selon eux, il est cependant trop tôt pour tirer des conclusions car les informations sur ces incidents sont encore fragmentaires et incertaines.

L'Union démocratique du centre (UDC) se montre critique également. Il est normal que ces accidents vont avoir des conséquences sur les projets de nouvelles centrales nucléaires, indique son communiqué. Le parti espère qu'elles n'auront pas pour effet de faire traîner ces projets. Pour le parti, de nouveaux aspects peuvent sans autre être intégrés dans la procédure.


Efforts salués

La Conférence des directeurs cantonaux de l'énergie (EnDK) appuie la décision de Doris Leuthard. Elle salue aussi ses efforts visant à maintenir une certaine objectivité dans les discussions actuelles.

Au sujet des trois demandes d'autorisation générales pour des centrales de remplacement, l'EnDK rappelle que les gouvernements cantonaux devaient prendre position d'ici début avril. Ceux-ci vont maintenant attendre et donner leur avis quand l'évaluation détaillée des incidents sera réalisée, écrit l'EnDK dans un communiqué publié à Coire.


«Refuser les demandes»

Pour l'alliance «Non au nucléaire», la décision est un «premier pas important dans la bonne direction». Son président Jürg Buri estime dans un communiqué que «si la Conseillère fédérale Doris Leuthard prend la sécurité de la population suisse au sérieux, elle doit refuser les demandes» d'autorisation.

L'organisation en profite pour demander au Conseil fédéral d'établir une politique de production d'électricité pouvant se passer de toute nouvelle centrale nucléaire. Et de plaider pour les énergies renouvelables.


Procédure interrompue

La société électrique Axpo soutient aussi les mesures prises par la conseillère fédérale. Dans un communiqué, il indique que la procédure de demande d'autorisation pour les centrales de remplacement ne peut se poursuivre tant que les causes des accidents nucléaires survenus au Japon ne sont pas éclaircies.

Axpo exploite les deux réacteurs de la centrale de Beznau, en Argovie. Elle détient aussi une participation dans les centrales de Leibstadt (AG) et de Gösgen (SO).

En décembre dernier, les fournisseurs d'électricité Axpo, Alpiq et FMB s'étaient mis d'accord pour planifier et construire deux nouvelles centrales nucléaires. Celles-ci sont prévues à Beznau, Gösgen et Mühleberg (BE). La sélection définitive de deux nouveaux sites étant prévue à mi-2012.


Débat reporté en Argovie

Après les accidents nucléaires survenus au Japon et la décision de Doris Leuthard, le gouvernement argovien a fait savoir lundi qu'il reporte un débat prévu mardi au parlement cantonal. Les élus devaient discuter de l'adaptation du plan directeur pour la future centrale de Beznau.

Le bureau du Grand Conseil devra décider s'il maintient ou non ce thème de discussion. Le gouvernement le proposera à nouveau au parlement une fois publié un rapport évoquant les conséquences des accidents sur les projets de centrales nucléaires de remplacement.

(ats)