Meurtre de Lucie

08 février 2011 11:13; Act: 08.02.2011 17:19 Print

Le juge d'instruction est jugé trop lent

Le juge d'instruction en charge de l'affaire du meurtre de la jeune Fribourgeoise Lucie a été déchargé du dossier. En cause, une lenteur chronique.

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21.01 La plainte déposée dans le cadre du meurtre de Lucie contre trois membres de l'autorité d'exécution des peines du canton d'Argovie a été classée. Croquis de Daniel H. au procès. Les journalistes et les badauds se pressent sur le lieu du procès de Daniel H., qui se tient à huis clos mardi à Untersiggenthal(AG). Daniel H. est arrivé à la salle d'audience vers 7h20, dans une camionnette blanche. Nicole, la mère de Lucie, arrive au procès... ...ainsi que Roland, le père de la victime. Un avocat de la famille de Lucie. La femme chez qui Lucie était jeune fille au pair a déclaré que le procès était un moment de vive émotion. Le président de la Cour Peter Rüegg. 23.02 En mars 2009, Sabina* a rencontré Daniel H. Deux jours après, il assassinait la jeune Fribourgeoise Lucie. Vive émotion à l'apparition de cercueil dans lequel repose Lucie Trezzini. Mgr Bernard Genoud accueille la famille de Lucie sur le parvis de l'église Christ-Roi de Fribourg. Mgr Bernard Genoud a parlé d'«une vie brisée alors qu'elle commençait à s'épanouir». Près de 1500 personnes ont assisté aux funérailles de Lucie Trezzini. De nombreux adolescents n'ont pu contenir leurs larmes. De nombreux anonymes ont assisté, de l'extérieur de l'église, aux funérailles de la jeune Lucie. La foule s'est déplacée en nombre pour rendre un dernier hommage à Lucie le 16 mars 2009 à l'église Christ-Roi de Fribourg. Mgr Genoud, ami de la famille, préside la cérémonie funèbre. Le deuil se mêle à la colère. Sur le mur de la maison de Daniel H. on peut lire: «Toi fils de p...» Gabriella, amie de Lucie, a failli être prise également au piège. «Elle m'a appelée peu avant et m'a parlé d'une offre alléchante», confie-t-elle. L'ex-petit ami de Lucie, Anthony Minning: «J'aimerais savoir exactement ce qui s'est passé. Peut-être que cela m'aiderait à comprendre, à m'habituer à cette réalité traumatisante que je ne peux accepter pour le moment.» Dani H., le meurtrier présumé (Photo: TeleZüri). André Leimgruber, le chef du meurtrier présumé Daniel H., est profondément choqué par cette brutale nouvelle. Daniel H. a travaillé dans cette cuisine jusqu'au 19 février. Comme il devait être irréprochable au travail et qu'il avait des problèmes de drogue, il ne s'est plus présenté dès cette date. Le 9 mars, la nouvelle du décès tombe: la police a retrouvé Lucie en Argovie dans un appartement de Rieden près de Baden. «Lucie Trezzini: 165cm, de stature mince», ainsi la décrivait la police dans son avis de recherche. Lucie travaillait en tant que jeune fille au pair à Pfäffikon. Elle a disparu le 4 mars 2009. D'habitude, Lucie ne rentrait pas après 22h. Ce jour-là, elle n'est jamais rentrée. Sa famille d'accueil a tenté de l'appeler sur son mobile dès 23h30. Elle lui a écrit plusieurs SMS. Sans réponse. Vers minuit, la famille d'accueil appelle la police. Le dernier signe de vie de Lucie: un appel à une amie vers 18h. La police localise l'appel à Baden, derrière la gare. Ensuite, elle perd sa trace... A son amie, Lucie raconte qu'elle a été accostée par un inconnu qui lui propose une séance de photos. Les parents de Lucie entament des recherches avec des amis à Baden, Fribourg et Zurich. Un groupe Facebook se constitue: plus de 40'000 personnes rejoignent le groupe en peu de temps. Les enquêteurs ont découvert dans cette maison de Rieden (AG) le corps sans vie de Lucie dans la salle de bains.

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L'enquête pénale sur les éventuelles erreurs des autorités argoviennes dans l'affaire du meurtre de Lucie piétine. Le directeur cantonal de la justice Urs Hoffmann (PS) a donc exigé que le juge d'instruction extraordinaire soit dessaisi du dossier.

Depuis le début de l'enquête, en janvier 2010, le juge Roland Miotti «n'a apparemment rien fait», a déclaré Urs Hoffmann mardi à l'ATS. Le ministre confirmait une information révélée par le «Tages-Anzeiger» et le «Bund».

En avril dernier déjà, il était apparu que l'enquête était au point mort, explique Urs Hoffmann. Le conseiller d'Etat est alors intervenu auprès des autorités judiciaires après s'être renseigné auprès du juge d'instruction lui-même.

«Inacceptable»

A l'été, Roland Miotti lui aurait promis que le dossier serait bouclé en octobre. Pourtant, tel n'est toujours pas le cas aujourd'hui. Il faut s'attendre à ce que le travail sur la plainte déposée par les parents de l'adolescente tuée en mars 2009 en soit encore «quasi à son commencement» un an après son début, avertit Urs Hoffmann.

Le ministre de la justice se dit «déçu». «C'est incompréhensible et inacceptable», déplore-t-il.

Le juge se défend

Entretemps, Roland Miotti a démissionné de son poste de juge d'instruction extraordinaire. Selon lui, l'enquête a été menée «aussi rapidement que possible», a-t-il déclaré à la télévision publique alémanique SF. Le magistrat a entendu une personne.

Roland Miotti avait été désigné par la Cour suprême argovienne. Le tribunal n'est toutefois pas chargé de surveiller ses travaux, précise le porte-parole des autorités judiciaires du canton. Il ne peut dès lors pas se prononcer sur la durée de la procédure.

La nouvelle procédure pénale suisse introduite au début de l'année, qui a supprimé la fonction de juge d'instruction, exige que l'enquête soit désormais dirigée par un procureur extraordinaire.

Plainte des parents

En janvier 2010, les parents de la jeune fille au pair fribourgeoise ont déposé une plainte pénale contre les autorités argoviennes. Ils soupçonnent des collaborateurs de l'autorité d'exécution des peines d'avoir commis des négligences qui ont mené au meurtre de Lucie par un ex-détenu de 25 ans.

Âgée de 16 ans, l'adolescente a été tuée le 4 mars 2009 dans l'appartement de ce jeune homme à Rieden bei Baden (AG). Ce dernier avait abordé Lucie à la gare centrale de Zurich et l'avait attirée chez lui sous un faux prétexte.

Failles constatées

Aujourd'hui âgé de 27 ans, le meurtrier de Lucie, qui a rapidement avoué les faits, avait effectué 4 ans de réclusion pour avoir tenté, sous influence de cocaïne et d'alcool, de tuer une femme en 2003. Les autorités l'ont toutefois considéré principalement comme un toxicomane et non pas comme un criminel dangereux.

Une enquête administrative externe a conclu en 2009 à des failles au sein de l'autorité d'exécution des peines. Aucune erreur commise par des collaborateurs n'a toutefois été constatée.


(ats)