Exportations d'armes

26 février 2011 12:32; Act: 26.02.2011 13:37 Print

Le ministre renonce à durcir les règles

Les entreprises suisses ont exporté l'an dernier du matériel de guerre pour des millions de francs vers le monde arabe. Schneider-Ammann s'exprime sur le sujet.

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Le conseiller fédéral PLR renonce à un durcissement des règles pour les exportations d'armes et de munitions. (Photo: Keystone)

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Au vu des contestations actuelles dans ces régions, le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann annonce que les nouvelles demandes sont examinées avec beaucoup de prudence.

Pour l'instant, aucune requête n'a été déposée par un pays arabe, a déclaré M. Schneider-Ammann dans une interview parue samedi dans la «Berner Zeitung». «Si des demandes d'exportations vers ces pays devaient surgir, le Conseil fédéral les examinerait avec beaucoup plus de retenue encore», annonce le ministre.

Par le passé déjà, le gouvernement a toujours étudié de très près et avec beaucoup de soin ces sollicitations: «Je ne crois que nous devions avoir mauvaise conscience», ajoute le Bernois.

Pas de durcissement

Le conseiller fédéral PLR renonce à un durcissement des règles pour les exportations d'armes et de munitions. Les directives ont été renforcées il y a trois ans déjà: depuis, armes et munitions ne sont plus livrées à des pays qui enfreignent systématiquement et de manière grave les droits humains, rappelle-t-il.

Pour cette raison, les exportations d'armes sont interdites vers l'Arabie saoudite. En 2010, la Suisse a pourtant encore livré du matériel de guerre d'une valeur de 132,6 millions de francs vers Riyad: mais il s'est agi d'un système de défense anti-aérienne dont l'exportation avait été autorisée en 2006.

Les entreprises suisses actives dans l'armement ont exporté l'an dernier vers Oman (5,4 millions de francs), le Bahreïn (3,2 millions) et la Jordanie (0,6 million), selon les derniers chiffres du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Aspirations à la liberté

L'évolution actuelle dans les pays arabes l'inquiète, a ajouté M.Schneider-Amman: «Quand on voit avec combien d'effusion de sang se déroule cette révolution, je ne peux pas m'en réjouir». Les événements montrent toutefois que les populations de ces régions aussi aspirent à la liberté.

Le conseiller fédéral espère une rapide stabilisation. Afin d'y parvenir, il n'exclut pas une aide extérieure à l'économie. Johann Schneider-Ammann juge intéressante l'idée d'une sorte de plan Marshall - un programme de reconstruction économique - mais elle est irréaliste «et certainement pas avec la Suisse dans les premiers rangs».

(ats)