Science

14 août 2019 11:17; Act: 14.08.2019 15:40 Print

Un papillon de nuit qui scintille dans le noir

Une étude publiée par l'Université de Fribourg démontre qu'un papillon attire l'attention la nuit grâce à des écailles particulières sur ses ailes.

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L'étude est la première à démontrer ces effets visuels chez le papillon Eudocima materna. (Photo: Université de Fribourg)

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Des chercheurs de l'Université de Fribourg ont découvert que le papillon piqueur de fruits Eudocima materna se fait remarquer en scintillant dans le noir. Jusqu'à présent, les scientifiques supposaient que les papillons de nuit se fiaient aux odeurs pour s'accoupler.

En général, les animaux nocturnes s'appuient davantage sur d'autres sens que la vue, en particulier pour des événements importants comme l'accouplement, a indiqué mercredi l'Université de Fribourg dans un communiqué. Les couleurs iridescentes, qui changent selon l'angle de vue, concernent plutôt des papillons et colibris diurnes.

L'étude, réalisée par des chercheurs de l'Université d'Australie-Occidentale et de l'Institut Adolphe Merkle de l'Université de Fribourg, est la première à démontrer ces effets chez une espèce nocturne. Les effets optiques sont produits par des écailles particulières sur les ailes.

Selon les scientifiques, la nature fait ici appel à des nanomatériaux, dont les propriétés optiques dépassent en brillance les pigments habituels. «Les écailles sur les ailes du papillon agissent comme des miroirs colorés et lui donnent une apparence chatoyante», peut-on lire dans le communiqué.

Evolution de la vue

Il est possible que le scintillement des ailes du mâle soit très attirant pour la femelle, selon cette étude publiée dans la revue «Current Biology». La prochaine étape pour l'équipe de recherche consistera à étudier la parade nuptiale de ce papillon de nuit.

Ces résultats sont «importants pour comprendre l'évolution de la vue», a ajouté l'Université de Fribourg. Les systèmes visuels des animaux, notamment la vision nocturne, surpassent de loin les possibilités humaines dans bien des cas.

Cela soulève des questions sur la manière dont les signaux visuels des animaux, destinés à être émis et reçus dans l'obscurité, se sont optimisés. Les résultats de futures études pourraient également «faire évoluer les technologies optiques», a encore expliqué l'institution fribourgeoise.

(nxp/ats)