Scandale de la poignée de main

06 avril 2016 11:13; Act: 06.04.2016 16:44 Print

Le père «place le Coran au-dessus des lois suisses»

par Pascal Schmuck - L'émotion n'est pas retombée outre-Sarine où des détails commencent à émerger sur la famille des deux frères.

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Le profil des deux frères qui ont été exemptés de serrer la main de leur professeure à Therwil (BL) devient toujours plus précis. Leur père, Ibrahim S., est imam à la mosquée du roi Fayçal à Bâle, comme l'a découvert 20 Minuten. Formé à Beyrouth, il dirige la prière du vendredi.

Cette mosquée avait déjà attiré l'attention de la Basler Zeitung en 2013 pour ses prêches haineux contre les non-musulmans. Une fatwa (avis juridique donné par une autorité religieuse) affichée sur un mur de la mosquée légitimait «des crimes de quelque nature qu'ils soient» contre des ressortissants «d'un état infidèle».

Pour un contrôle du financement

La politologue Elham Manea tire la sonnette d'alarme. «Le comportement des deux frères est un signe qu'une interprétation fondamentaliste de l'islam est en jeu.» Elle réclame la formation d'imams en Suisse afin de prévenir une radicalisation salafiste et l'interdiction du financement des mosquées par des fonds en provenance de l'étranger. La mosquée bâloise est soutenue par la Ligue Islamique Mondiale en Arabie Saoudite.

Un des frères a également posté sur Facebook de la propagande de l'Etat islamique. «C'est clairement l'étendard de l'Etat islamique», a confirmé à «Blick» Saïda Keller-Messahli, fondatrice du Forum pour un islam progressiste. En commentaire, l'adolescent avait ajouté que «chaque musulman doit liker.»

Une mosquée dans la tourmente

Pour la défense de ses fils, le père avait affirmé à la direction de l'école secondaire que ceux-ci étaient déjà majeurs à 14 ans aux yeux de la loi islamique. «Ce qui veut dire qu'il place le Coran au-dessus des lois suisses», prévient Saïda Keller-Messahli.

Ibrahim S. reste encore injoignable mais Nabil Arab, administrateur de la fondation du roi Fayçal, prend la défense de son collaborateur, qui prêche «la tolérance et la décence». Il dément tout prêche haineux contre les non-musulmans, une rumeur qu'il attribue à une personne opposée au permis de construire de la fondation et qui a ainsi tenté de la torpiller.

Nabil Arab se retrouve également au centre de la tempête après une interview dans laquelle il défendait l'attitude des deux frères. Il déclarait que les femmes n'avaient pas envie de se sentir comme des objets sexuels. «C'est pourtant ce qu'il fait en affirmant que le contact corporel avec les femmes peut mal se terminer», a répliqué Mirjam Aggeler chez Fewwiss, l'association suisse Femmes Féminisme Recherche.

(nxp)