Merck Sereno

10 mai 2012 17:05; Act: 10.05.2012 18:20 Print

Le personnel a voté un préavis de grève

Le personnel de Merck Serono, réuni en assemblée générale jeudi à Genève, a voté un préavis de grève pour mardi. Plus 600 employés ont voté et seulement cinq personnes ont voté contre.

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Le préavis de grève sera levé si la direction de Merck Serono accepte de prolonger le délai de consultation «de manière significative», le temps pour le personnel de formuler des contre- propositions. Un ultimatum est adressé à la direction pour lundi soir, a précisé le syndicat Unia.

«Il est nécessaire de durcir le ton, car nous ne sommes pas vraiment pris au sérieux», a affirmé le secrétaire régional d'Unia Alessandro Pelizzari au personnel réuni dans la halle de Sécheron, qui jouxte le siège de l'entreprise.

Le délai pour la procédure de consultation sur les 1250 suppressions d'emplois sur le site de Genève annoncées le 24 avril par Merck Serono a été fixé par la direction pour le mercredi 16 mai. Elle n'a pour l'instant pas accepté de le prolonger.

Quelques voix se sont élevées, craignant les conséquences du mouvement de grève sur les activités de recherche du groupe et donc sur les patients. Une objection vite balayée puisque la fermeture complète du site de Genève «aura un impact beaucoup plus grave», a fait valoir un représentant d'Unia.

«Nous ne luttons pas seulement pour nos salaires, mais pour les patients», s'est exclamée une participante.

Manifestation devant le Grand Conseil

Les employés, beaucoup revêtus de blouses blanches, se sont ensuite regroupés devant le bâtiment pour se rendre en cortège, en passant par les quais de Genève, jusqu'à la vieille ville, où ils ont manifesté devant le Grand Conseil genevois.

Les employés ont aussi fait le point des travaux des trois groupes de travail formés la semaine dernière et des contacts pris à l'extérieur de l'entreprise. Une délégation du personnel s'est rendue mardi à Darmstadt, le siège de Merck.

Les représentants du Merck EuroForum, qui regroupe les employés de toutes les entreprises du groupe en Europe, ont exprimé dans une résolution leur soutien avec le personnel de Genève. Ils craignent que la fermeture du site genevois précède d'autres suppressions d'emplois par le groupe.

Les dirigeants de Merck Serono «ont commencé par Genève parce qu'ils pensaient que c'était plus facile, mais d'autres suppressions de postes suivront, y compris à Darmstadt», a déclaré Hubert Godinot, membre de la représentation du personnel, de retour de Darmstadt.

Solutions alternatives

Un des groupes de travail a commencé à discuter de solutions alternatives pour préserver, au moins en partie, les compétences de Merck Serono présentes à Genève. Des contacts ont été pris pour la reprise du site.

Le syndicat Unia s'est aussi plaint de n'avoir pas reçu toutes les informations financières nécessaires de la part de la direction et de devoir négocier à Genève avec «des seconds couteaux». Un autre syndicat, Employés Suisse, a par ailleurs confirmé avoir déposé une action en justice, mardi à Genève, contre Merck Serono pour non- respect des procédures légales.

Enfin, l'assemblée a demandé que la centaine d'employés de Merck Serono qui ont des contrats Adecco puissent avoir les mêmes droits. Une pétition a été lancée mercredi s'opposant à la fermeture du site et a recueilli jusqu'ici près de 900 signatures. Une nouvelle assemblée du personnel a été convoquée pour mardi.

Jeudi, le comité de l'Union syndicale suisse (USS) a exprimé à Berne sa complète solidarité avec le personnel de Merck Serono. Il a exigé de la direction qu'elle revienne sur sa décision de supprimer 550 emplois à Genève et de transférer 750 autres employés à Pékin, Boston ou Darmstadt.

(ats)