Rémunérations abusives

21 mars 2011 11:34; Act: 21.03.2011 11:43 Print

Le peuple votera pour limiter les salaires

Le peuple se prononcera vraisemblablement sur un plafonnement des salaires des managers.

Une faute?

La Jeunesse socialiste (JS) a déposé lundi son initiative populaire qui veut empêcher qu'un patron gagne en un mois davantage que son employé en une année. Elle a récolté plus de 130'000 signatures.

L'initiative «1:12 - pour des salaires équitables», exige que, dans une même entreprise, le salaire le plus haut ne dépasse pas de plus de douze fois le salaire le plus bas. Sont inclues toutes les prestations (argent et valeurs de prestations en nature ou en service) versées en rémunération de l'activité salariée.

Des exceptions pourraient être prévues notamment concernant les salaires des apprentis, des stagiaires, des personnes en emploi protégé ainsi que des employés intérimaires ou à temps partiel.

Au peuple de fixer les règles

Selon la JS, cette nouvelle règle est la seule solution au problème des salaires abusifs car elle donne au peuple la possibilité de fixer des règles du jeu équitables. L'initiative de l'entrepreneur schaffhousois Thomas Minder, actuellement discutée par le Parlement, ne trouve pas grâce à ses yeux.

«Nous voulons renforcer les droits du peuple et pas celui des actionnaires», a déclaré le président de la Jeunesse socialiste David Roth lors de la remise des signatures à la Chancellerie fédérale à Berne. L'initiative de Thomas Minder ne permet pas d'empêcher les salaires abusifs, selon lui.

Salaires indécents

La JS juge nécessaire de remédier à une injustice qui persiste même après la crise. En 2009, les rémunérations des top managers ont encore progressé. Les hauts cadres se sont attribués en moyenne quatre millions de francs, soit 73 fois plus que leur employé au salaire le plus bas. Parallèlement, les revenus bas et moyens stagnent depuis des années, font valoir les jeunes socialistes.

Le retour sur le devant de la scène politique et électorale de la question nucléaire, qui pourrait faire de l'ombre à la campagne contre les salaires abusifs, ne les gêne pas. David Roth tire même un parallèle entre les deux thèmes. Il en va dans les deux cas d'une lutte entre les intérêts du peuple et ceux des arnaqueurs, selon lui.

D'une manière générale, la JS rejette l'argument selon lequel les hauts salaires se justifient par une responsabilité et une performance plus fortes. Elle escompte que son initiative permettra de faire augmenter les salaires minimaux, et, en créant la transparence sur les revenus, de protéger les travailleurs des discriminations. Elle ne craint en revanche pas la menace d'un exode d'entreprises, brandie par les milieux économiques.

Initiative Minder

Après contrôle de la validité des signatures, l'initiative «1:12 - pour des salaires équitables» passera devant le Conseil fédéral. Puis le Parlement pourra se prononcer. Ce dernier a déjà fort à faire depuis des mois avec l'initiative de Thomas Minder, et surtout le contre-projet qu'il faudrait lui opposer.

L'imposition des bonus notamment divise. La droite, qui n'en veut pas, vient de remporter une manche, le National ayant refusé lors de la dernière session d'intégrer cette question dans le contre-projet. Quant au contenu de ce dernier, il n'est pas encore définitivement fixé.

Selon le projet du Conseil des Etats, les actionnaires devraient se prononcer chaque année sur les indemnités du conseil d'administration et sur le règlement de rémunération. Le texte prévoit d'interdire aussi les indemnités de départ - les «parachutes dorés» - et les primes anticipées, mais en autorisant des exceptions à soumettre à l'assemblée générale.

Par ailleurs, les collaborateurs pourraient être contraints de restituer des indemnités en cas de mauvaises performances.

(ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Madame le 21.03.2011 12:50 Report dénoncer ce commentaire

    ENFIN

    et j'espère que si c'est un sujet en votation, le peuple sera voter correctement, et surtout, qu'il ne râle pas par la suite si ça ne passe pas

  • Suppo le 21.03.2011 16:55 Report dénoncer ce commentaire

    gagner 700x plus?!

    Je trouve que c'est excellent! Gagner plus? OK c'est normal! Mais 700 fois plus?? Rien ne justifie pareille différence.

  • Calgon le 21.03.2011 21:04 Report dénoncer ce commentaire

    Pas de solutions à l'emporte-pièce

    Notre système économique est issu d'un savant équilibre. Seul 7% de notre p.i.b. est généré par le travail au noir alors que certains pays Européens en on plus de 27%. Tous ces pays ont un salaire minimum, un contrôle plus sévère de la fortune et du salaire. Cela démontre clairement que légiférer n'apporte rien.

Les derniers commentaires

  • lulu le 22.03.2011 11:28 Report dénoncer ce commentaire

    trop drôle

    vous feriez mieux de nous demander de voter pour que les frontaliers ne soit plus engagé des nos entreprises Suisses. Vous serez sure d'avoir un bon résultat. Limiter les salaires que c'est drôle. Ca n'existera jamais. L'argent va à l'argent les loups ne se mangent pas entre eux.

  • Pat Pat le 22.03.2011 10:13 Report dénoncer ce commentaire

    Utopie

    C'est une belle utopie tout cela! N'oublions pas que ceux qui ont beaucoup d'argent paient beaucoup d'impôt (il faut que les bonus ou les hauts salaires soient taxer sur tout ce qu'ils gagnent..mais pas plus haut qu'un salaire normal car il faut que ces gens restent en Suisse pour faire fonctionner l'économie (création d'emplois, sponsoring du sport, etc.) Il faut des riches n'en déplaise. Baissez leur salaire ne changera rien aux nôtres. Le risque c'est que nos impôts soient augmentés pour compenser le manque qu'il y aurait si les fortunes quittent la Suisse ou sont moins payées.

  • Fred le 21.03.2011 23:28 Report dénoncer ce commentaire

    Enfin le peuple pourra donner son avis

    C'est l'occasion de réduire un peu certaines injustices.

  • Calgon le 21.03.2011 21:04 Report dénoncer ce commentaire

    Pas de solutions à l'emporte-pièce

    Notre système économique est issu d'un savant équilibre. Seul 7% de notre p.i.b. est généré par le travail au noir alors que certains pays Européens en on plus de 27%. Tous ces pays ont un salaire minimum, un contrôle plus sévère de la fortune et du salaire. Cela démontre clairement que légiférer n'apporte rien.

  • Harpagon le 21.03.2011 17:22 Report dénoncer ce commentaire

    Oui! Mais comment?

    Non seulement les haut salaires sont indécents mais ils ne rapportent (quasi) rien à la collectivité qui est de plus en plus en demande. le problème comment faire appliquer une telle loi si elle était votée. Et il faudrait qu'elle ait son pendant sur au moins toute l'Europe. Et ceux quui parlent d'URSS n'y sont probablement jamais allés

    • matheux le 21.03.2011 21:07 Report dénoncer ce commentaire

      Faux

      Faux, vous ne savez pas de quoi vous parlez! Prenez l'exemple de l'Espagne qui dispose d'un salaire minimum et pourtant bon nombre de travailleurs sont payés en dessous de ce salaire minimum. En comparaison l'Espagne a 23% de son P.I.B généré par le travail au noir alors que la Suisse n'en a que 7.