Canton de Zurich

22 février 2019 10:17; Act: 22.02.2019 12:42 Print

L'agent empochait les amendes d'ordre

par Pascal Schmuck, Zurich - Un policier de la commune d'Uitikon (ZH) ne déclarait pas les amendes d'ordre qu'il infligeait. Il empochait l'argent pour son propre compte.

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Le montant du préjudice subi par la commune d'Uitikon est pour l'heure inconnu. (Photo: Keystone)

Une faute?

Peter L., 61 ans, était une figure respectée dans la commune d’Uitikon (ZH). Mais, après plus de 22 ans de bons et loyaux services, il a été brutalement licencié. Il est en effet apparu que le représentant de la loi empochait les amendes d'ordre, comme le raconte «Blick».

Le désormais ex-policier fait l'objet d'une procédure pour détournement de fonds, ainsi que l'a confirmé au quotidien zurichois Erich Wenzinger, du bureau du Ministère public cantonal. Ce dernier n'a pas voulu donner d'information sur le montant des amendes ainsi détournées.

La puce à l'oreille

C'est une contravention de 120 francs infligée en juin 2016 pour stationnement illicite qui a tout déclenché. Un chef de chantier raconte qu'il a trouvé le policier devant son véhicule en train de lui administrer une amende de 160 francs. Il apprend à ce moment que le montant peut être ramené à 120 francs s'il paie tout de suite en espèces.

Mais le conducteur n'a que 110 francs en poche. Qu'importe, l'officier de police prend l'argent, mais délivre un reçu pour 120 francs. Le chef de chantier se demande pourquoi le policier a accepté et se présente ensuite à la police cantonale pour information.

Le numéro n'existait pas

Il reçoit peu de temps après un courrier pour ses infractions officielles, mais il y a aussi un problème avec le reçu 1831 qui permet de retracer l'amende infligée. Le département de la police cantonale lui explique que le numéro 1831 n'existe pas et que l'ensemble du bloc de justificatifs n'apparaît nulle part.

Pour le chef de chantier, il devient évident que l'agent a gardé l'argent, mais il n'ose pas pour autant le dénoncer tout de suite aux autorités. «Je n'avais pas envie de voir soudain ses collègues devant ma porte», explique-t-il au tabloïd zurichois.

Un autre cas chaud

Il attend encore deux ans avant de porter l'affaire devant les autorités au début décembre 2018. Tout s'enchaîne alors très vite. La commune de Uitikon porte plainte contre Peter L. à la fin janvier et le Ministère public démarre une enquête. Le policier est tout de suite renvoyé. Il n'a pas souhaité s'exprimer.

Ce cas n'est pas isolé. Un ancien chef de la police de Richterswil (ZH) a récemment été mis en cause pour avoir empoché durant des années des amendes de stationnement. Pour un préjudice estimé à 144'000 francs. Il vient d'être condamné à 24 mois de prison avec sursis, rapporte la «Zürichsee-Zeitung».

(nxp)