Abus d'autorité

17 février 2011 13:34; Act: 17.02.2011 13:38 Print

Le policier lausannois est acquitté

Le policier lausannois de 32 ans qui était accusé d'abus d'autorité a été acquitté jeudi par le Tribunal d'arrondissement de Lausanne.

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En juillet 2009, il avait asséné un coup de poing à un prévenu attaché sur un lit en cellule et qui menaçait sa famille.

Selon le juge unique, l'homme a agi «sans réfléchir» et n'a pas eu l'intention d'abuser de son autorité ou de nuire à la victime. Le Ministère public, qui considère le jugement comme «contraire au droit», fera appel.

Absence d'intention

Le policier, qui a frappé le jeune homme suite à des insultes à caractère sexuel visant ses deux filles en bas-âge, a agi «de manière impulsive», «sans abuser de sa fonction pour nuire». En l'espèce, «c'est le père qui a agi, et non le policier».

Le jugement se réfère notamment à la jurisprudence du Tribunal fédéral qui considère qu'un policier qui frappe un prévenu de manière impulsive suite à des insultes commet une voie de fait et non un abus d'autorité. La victime n'ayant pas déposé plainte, aucune infraction n'a pu être retenue contre l'agent.

Porte ouverte à tous les abus

Pour le Ministère public, ce jugement «ne fait pas honneur à la justice vaudoise». La distinction «artificielle» entre l'homme et le policier «ne tient pas» et crée une «situation dangereuse, donnant l'approbation à une dérive». Le raisonnement «alambiqué» du Tribunal constitue pour le procureur une «porte ouverte à tous les abus en la matière».

Le policier, soulagé par le verdict, a rappelé qu'il est «conscient d'avoir commis une faute». Il s'est dit «content que le Tribunal ait pu comprendre que c'est l'être humain et non le policier qui a réagi».

Insultes et agressivité

Le jeune homme avait été interpelé le 17 juillet 2009 alors qu'il fêtait ses 20 ans dans un bar de Lausanne. En raison de sa forte excitation et notamment parce qu'il se tapait la tête contre les murs, il avait dû être placé sur un lit de contention.

Très agressif, il avait proféré de nombreuses insultes à l'encontre du policier et lui avait craché au visage. L'agent a perdu ses nerfs lorsque le jeune homme s'en est pris à ses deux fillettes, qu'il ne connaissait pas.

Quelques minutes après les faits, le policier est allé se dénoncer de son propre chef à son supérieur. Il est ensuite retourné auprès du jeune homme pour lui présenter ses excuses. Devant le Tribunal, son supérieur l'a décrit comme un agent consciencieux, impliqué et volontaire.

(ats)