Appenzell

23 mars 2011 11:12; Act: 23.03.2011 11:22 Print

Le premier village solaire de Suisse

Rehetobel (AR) veut transformer l’équivalent de quatre terrains de football en centrale solaire. Les obstacles juridiques sont nombreux.

storybild

(Photo: capture d'écran du «Tages-Anzeiger»)

Une faute?

Le petit village de 1700 âmes, perché à 958 mètres, est situé sur une terrasse ensoleillée entre l’Alpstein et le lac de Constance. où l’on ne subit pas le brouillard. Il vient de se doter d’un nouveau plan directeur qui prévoit une sortie de la dépendance à l’énergie nucléaire.

La semaine dernière, ses habitants ont créé l’association «Rehetobel, village solaire». La séance avait été agendée bien avant les événements tragiques au Japon. Andreas Zech, l’initiateur de ce projet, est optimiste: «La catastrophe nucléaire montre malheureusement que nous avions raisoni. La population soutient avec beaucoup d’enthousiasme notre projet et nous sommes persuadés que nous parviendrons à le réaliser», explique-t-il au «Tages-Anzeiger».

Les initiateurs du parc solaire veulent utiliser une surface de deux hectares située tout près du village. La mini-centrale devrait avoir une capacité d’un million de KWh. Si la Confédération devait soutenir le projet, le KWh reviendrait à 50 centimes pour le consommateur. Les 4 millions de francs nécessaires à l’installation pourraient ainsi être amortis en l’espace de dixans. Sans subventions fédérales, il faudrait compter vingt ans. Andreas Zech ne pense pas que l’argent sera un obstacle à la construction du parc solaire.

Les problèmes risquent de surgir ailleurs. Car pour éviter d’acquérir du terrain dans une zone à bâtir, il faudrait que les autorités déclassent une zone agricole. Or il est interdit d’y pour y implanter des panneaux solaires. Les autorités cantonales pourraient contourner cette règle en déclarant une nouvelle zone d’intérêt publique. Mais rien n’est moins sûr comme le démontre l’exemple de la commune neuchâteloise de Coffrane qui avait voulu installer, en octobre 2010, une installation solaire de trois hectares. Le jugement avait stipulé que les panneaux solaires devaient être installés sur des toits ou dans des zones industrielles et non en «plein champ». Rolf Wüstenhagen, directeur de l’Institut d’économie et d’écologie à la haute école de St.Gall, estime que le moment est venu de revoir un certain nombre de préjugés : « Fukushima a changé la donne. Nous devrions maintenant penser à des solutions que nous n’envisagions même pas il y a peu », estime le professeur.

(rga)