Écolier tué à Bâle

25 mars 2019 08:31; Act: 25.03.2019 15:23 Print

La retraitée a alerté la presse après le meurtre

La meurtrière d'un enfant de 7 ans avait prévenu les médias après son crime. Pourquoi? Un psychiatre répond. La police venait en outre chez elle une à deux fois par an.

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Que s'est-il passé dans la tête de la septuagénaire qui a tué d'un coup de couteau un garçon de 7 ans, jeudi dernier dans une rue de Bâle? Quelques jours après le drame, toute la ville s'interroge sur ses motivations. La femme de 75 ans a été placée en détention pour 3 mois, selon un commissaire cité par le «Blick» lundi. Le Ministère public de Bâle-ville va de son côté établir un rapport psychiatrique.

Selon les premiers éléments de l'enquête, la Suissesse ne connaissait pas le petit Mergim et sa famille, originaire du Kosovo. Mais après avoir attaqué le garçon et avant de se rendre à la police, elle a envoyé des SMS à plusieurs personnes, à des institutions et aussi à la presse. Du coup, «20 Minuten» a interrogé lundi le psychiatre judiciaire Josef Sachs pour savoir si la retraitée avait cherché la notoriété grâce à son crime. L'expert met d'abord en garde contre toute conclusion prématurée. Pour lui, deux explications sont plausibles: soit elle avait peur et se sentait persécutée – par les institutions publiques par exemple – soit elle avait un motif idéologique.

Plus de 100'000 francs de dettes

Ce que l'on sait, c'est que la retraitée avait des relations difficiles avec les autorités. Elle était très endettée et avait bénéficié d'une aide publique dans le cadre d'une procédure de faillite en 2007. Selon «Blick», qui revient lui aussi lundi sur le drame, ses dettes s'élevaient à près de 104'000 francs et elle bénéficiait de conseils financiers.

Le propriétaire chez qui elle a vécu près de 20 ans n'était pas au courant de ses problèmes d'argent, selon le journal. «Elle ne m'en a jamais parlé», indique-t-il. En revanche, il explique que la police ou le Ministère public passait chez elle une à deux fois par année. «Mais je ne sais pas pourquoi», confie-t-il. Selon lui, elle n'a jamais fait de prison et n'a jamais séjourné en psychiatrie.

Petit studio

Le propriétaire se souvient en outre bien d'elle. «Elle vivait seule et modestement», indique-t-il. La retraitée avait d'abord emménagé avec son mari dans un appartement meublé de 1,5 pièce. Puis, à la mort de son époux, elle avait déménagé dans un studio plus petit. Elle ne se faisait pas remarquer, payait toujours son loyer, ne se droguait pas et ne buvait pas non plus, selon l'homme. Mais elle ne recevait jamais de visiteurs et quittait son logement uniquement pour faire des courses ou se promener.

(cht/nxp)