Suisse

21 février 2019 13:19; Act: 21.02.2019 13:19 Print

Le racisme reste vu comme un gros problème

Pour une majorité des personnes interrogées, les mesures mises en place pour lutter contre le racisme sont adaptées.

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La proportion de Suisses qui voit le racisme comme un problème social important a baissé de six points depuis 2016. (Photo: Keystone)

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Une majorité de la population voit le racisme comme un problème social important en Suisse. La proportion - 59% - a toutefois baissé de six points depuis 2016. Cinquante-cinq pour cent estiment que l'intégration des migrants dans la société fonctionne bien.

Cinquante-neuf pour cent des personnes estiment que les mesures mises en place pour lutter contre le racisme sont adaptées, indique l'Office fédéral de la statistique (OFS) dans le cadre de son enquête 2018 «Vivre ensemble en Suisse» publiée jeudi. 7% considèrent qu'elles sont trop importantes et 31% qu'elles sont insuffisantes.

Vingt-neuf pour cent des personnes insatisfaites estiment que des mesures devraient être prises par l'Etat, 24% par chaque individu. 19% pointent le monde politique, 15% les écoles ou les enseignants.

Le pourcentage de Suisses disant pouvoir être dérangés par la présence de personnes perçues comme différentes, par exemple en raison de leur nationalité, de leur religion ou de leur couleur de peau, a lui baissé de deux points depuis 2016, à 34%.

Chez plus d'un tiers des personnes (40%), la question du racisme n'est pas jugée sérieuse. Seul 1% ne s'exprime pas sur ce thème.

Gens du voyage

Sept pour cent de la population indique être dérangée au quotidien par une personne ayant une couleur de peau ou une nationalité différente. Avec des taux plus élevés suivent la religion (10%) et la langue (12%).

Vingt et un pour cent de la population se dit gênée par la présence de personnes ayant un mode de vie non sédentaire, par exemple les «gens du voyage». Ce taux est significativement plus élevé que l'ensemble des taux obtenus pour les autres motifs.

Islam mal perçu

La part de la population hostile aux personnes musulmanes – c'est-à-dire portant des jugements négatifs à leur encontre – s'élève à 11%. Mais la part de sondés montrant de la désapprobation par rapport à l'Islam est nettement plus élevée, à 29%.

Onze pour cent sont hostiles aux personnes noires. Le pourcentage de sondés hostile aux personnes juives atteint lui 9%, soit 1% de plus qu'en 2016.

Sentiment de sécurité

En règle générale, la part de la population se sentant en danger est relativement basse, que ce soit face aux non nationaux (12%) ou aux nationaux (4%).

En cas de conflit politique, la proportion de personnes se sentant en danger est significativement plus élevée que pour les autres situations: 63% se sentent menacées par les conflits des non nationaux et 40% par ceux des nationaux.

C'est à l'Etat d'agir

En termes d'intégration, si 55% des sondés pensent que celle-ci fonctionne bien (-1 point de pourcentage par rapport à 2016), 43% estiment qu'elle se passe plutôt mal, voire très mal. 2% ne s'expriment pas.

Cinquante-cinq pour cent des personnes estiment que les mesures mises en place répondent dans ce domaine aux besoins, 16% pensent qu'elles sont trop importantes et 26% qu'elles sont insuffisantes.

Sur l'ensemble des personnes qui ne sont pas satisfaites, 45% estiment que des mesures devraient être prises par l'Etat. 17% considèrent que c'est de la responsabilité de chaque individu et 12% celle des associations ou ONG. 11% estiment que c'est aux étrangers de faire des efforts d'intégration.

Parmi les personnes déclarant avoir vécu une expérience de discrimination en Suisse, la nationalité est le motif le plus mentionné (58%).

Plus de droits pour les étrangers

Une majorité de sondés est en faveur de l'octroi de plus de droits pour les étrangers, notamment 61% pour celui au regroupement familial (60% en 2016). 57% sont pour la naturalisation automatique de la 2e génération.

Septante pour cent réfutent l'idée que les étrangers soient responsables de potentielles hausses du chômage. Une majorité est en outre d'avis que la population étrangère est utile à la Suisse et à son fonctionnement. Ils sont 64% à estimer qu'elle est nécessaire à l'économie et au financement des prestations sociales.

L'enquête a été menée auprès d'un échantillon de 3000 personnes de 15 à 88 ans, sélectionnées aléatoirement.

(nxp/ats)