Santé

20 août 2019 11:26; Act: 20.08.2019 13:19 Print

Les Suisses toujours plus stressés au travail

En 2017, plus d'une personne active sur cinq ressentait très souvent du stress au travail. La hausse est significative chez les jeunes de 15 à 29 ans.

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Le stress pèse toujours plus sur le monde professionnel. En 2017, plus d'une personne active sur cinq ressentait très souvent du stress dans son travail. De manière générale, le risque accru de burn-out a augmenté.

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En 2017, 21% des travailleurs se sont dits victimes de stress à répétition contre 18% en 2012, indique mardi l'Office fédéral de la statistique (OFS) dans sa dernière enquête sur la santé au travail. La hausse est significative chez les jeunes de 15 à 29 ans, passant de 19% à 25%. Le stress touche autant les hommes que les femmes.

La moitié des personnes actives étaient exposées en 2017 à au moins trois types de risques psychosociaux sur neuf recensés, tels que le stress, l'intensité de travail, le manque de soutien de la hiérarchie, la discrimination ou la faible autonomie. Cette part a augmenté de quatre points de pourcentage par rapport à 2012 (46%). Seuls 11% d'entre elles se déclaraient n'être concernées par aucune de ces pressions.

Épuisement en hausse

Le risque psychosocial est lié aux conditions de travail. L'épuisement lié à une intensité très élevée du travail et à un manque d'autonomie ont également fortement augmenté. La part des actifs craignant de perdre leur emploi s'est aussi accrue, passant de 13% à 16%. Cette fréquence n'avait pas varié entre 2007 et 2012.

La hausse entre 2012 et 2017 dans cette dernière catégorie est significative parmi les personnes de moins de 50 ans, avec une formation du niveau secondaire II ou tertiaire ainsi que parmi les personnes de nationalité suisse. Mais ce sont en majorité des personnes avec un bas niveau de formation et de nationalité étrangère qui craignent le plus de perdre leur travail.

Atteinte à la santé

L'épuisement émotionnel au travail est synonyme de risque accru de burn-out. Vingt pour cent des actifs ont dit ressentir ce sentiment en 2017. En comparaison avec les autres travailleurs, les actifs psychologiquement vidés déclarent deux fois plus souvent un état de santé général moyen ou très mauvais, trois fois plus souvent une détresse psychologique et six fois plus souvent une dépression modérée à grave (24% contre 4%).

Les personnes exposées à au moins trois des neuf types de risques psychosociaux déclarent plus souvent se sentir vidées émotionnellement dans leur travail (32%). Cette proportion atteint même près de la moitié (49%) parmi les personnes ressentant du stress.

Risques physiques

À côté des risques psychosociaux figurent les risques physiques tels le bruit, les produits toxiques ou les mouvements à répétition pour n'en citer que quelques-uns. Dans cette catégorie, la proportion des personnes exposées à au moins trois sur neuf de ces contraintes est restée stable entre 2012 et 2017 (45%).

Les mouvements répétitifs et le fait de devoir prendre des positions douloureuses sont le plus souvent mentionnés, relève l'OFS. Les femmes sont légèrement plus concernées que les hommes par des travaux aux postures fatigantes (50% contre 46%). Les risques environnementaux, comme des bruits ou les températures extrêmes ainsi que l'exposition aux produits toxiques, sont assez stables voire en recul. Ils concernent plus souvent les hommes que les femmes.

L'USS bondit

Les syndicats ont promptement réagi à l'enquête de l'OFS. L'Union syndicale suisse (USS) et Unia exigent plus de protection de la santé des travailleurs. Ils en ont profité pour rappeler leur opposition au projet de révision de la loi sur le travail qui sera débattu lors de la prochaine session parlementaire.

Selon le projet, le temps de travail hebdomadaire maximal grimperait à 67,5 heures et le nombre d'heures supplémentaires maximal par jour serait lui aussi augmenté. L'interdiction du travail du dimanche serait également assouplie. Parallèlement, l'obligation pour les employeurs de saisir le temps de travail des salariés serait en grande partie supprimée.

L'USS et Unia dénoncent les velléités de la droite d'assouplir les dispositions en matière d'enregistrement des heures de travail, de respect des périodes de repos et d'interdiction de travailler le dimanche. «Si les Chambres ne mettent toujours pas le holà à cette charge contre la santé des salariés, les syndicats lanceront un référendum», avertit l'USS.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Oli le 20.08.2019 11:50 Report dénoncer ce commentaire

    De l'esclavagisme moderne

    Les syndicats ne servent à rien , en Suisse, les patrons font du dumping salarial et peuvent licencier comme bon leur semble, et rien n'est fait pour protéger les plus de 50 ans . Le recours aux contrats à durée déterminé est un scandale et rien n'est fait contre .

  • Geoffrey_ le 20.08.2019 11:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    manager de mes fesses

    merci le management, cancer des entreprises

  • Et Oui ..... le 20.08.2019 11:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    .....c'est de pire en pire

    Le monde du travail est une organisation parfaitement inhumaine.......et le drame c'est que tout le monde le sait et la plupart tombe dans cette spiral infernal en mettant la pression sur les autres.....ils faut bien se dire qu'on arrivera tous en même temps à Noël et qu'on est tous dans la même barque. Il faudrait que chacun contribue à une meilleure ambiance sur le bateau.....

Les derniers commentaires

  • Ynes le 21.08.2019 09:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stress au travail

    Trop de réduction de personnel pour la même quantité de travail et beaucoup de pression de la part des responsables.

  • Jasmine le 21.08.2019 06:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Content PAS CONTENT?

    Contents pas contents? Un autre article disait le contraire il y a quelques jours. Faudrait vérifier ce qui est réellement vrai. C'est comme les articles sur les hôteliers du peu de taux d'occupation des chambres et 3 semaines après c'est le contraire... faut juste remplir le journal

    • Nat76 le 21.08.2019 12:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jasmine

      Vous confondez certainement avec l'article d'il y a quelques jours au sujet du logement des Suisses

  • La Suisse le 21.08.2019 06:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    marre

    Vu la mauvaise ambiance, la pression, et la démotivation faite par managers le but sera d'en faire un minimum et prendre soin de soi un maximum !

  • personne peut te sauver le 20.08.2019 23:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Burn the f* out

    Moins de 30 piges, ton vieux patron a des vus sur toi, te fait du chantage à l'emploi pour arriver à ses fins, les vieilles collègues sont jalouses et veulent te faire la peau, normale que ça stress.

  • Armand Sonj le 20.08.2019 21:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mensonges?

    Ben... Ben... Hier on nous disait que presque tous les Suisses étaient heureux à leur boulot !?