Criminels étrangers

24 janvier 2011 11:30; Act: 24.01.2011 14:27 Print

Le succès de l'initiative UDC est «historique»

L'initiative UDC sur le renvoi des criminels étrangers est qualifiée d'«historique» par une analyse.

storybild

Les Suisses ont accepté le renvoi des criminels étrangers, l'an passé. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Le succès de l'initiative pour le renvoi des criminels étrangers provient du soutien des partisans de l'UDC. Le résultat du vote de novembre est historique selon l'analyse VOX, car pour la première fois une initiative sur la politique des étrangers a été acceptée.

Deux raisons expliquent ce succès. D'une part, les votants espéraient pouvoir agir de manière plus conséquente en matière d'expulsion des criminels étrangers et, d'autre part, ils pensaient que la criminalité est surtout un problème concernant la population étrangère.

Pratiquement tous les sympathisants de l'UDC (98%) ont voté pour l'initiative qui a aussi été approuvée à 51% par les électeurs libéraux-radicaux (PLR). En outre 37% des votants du PDC ont déposé un oui dans l'urne, contrairement à la recommandation de leur parti.

Sans surprise, l'initiative n'a guère rencontré de sympathie dans le camp de gauche. Seuls 12% des voix socialistes (PS) l'ont approuvée, constate l'analyse VOX rendue publique lundi à Berne.

Des promesses...

Le refus équivalait souvent (42%) à un non catégorique à tout durcissement de la pratique en matière d'expulsion. Les autres raisons du rejet portaient sur le catalogue des délits et les motifs d'expulsion (17%), alors que 15% ont voté non car l'initiative émanait de l'UDC.

L'analyse VOX souligne toutefois qu'une partie importante des partisans de l'initiative ont perçu ses faiblesses mais l'ont approuvée malgré tout. En outre, 52% des personnes ayant voté oui à l'initiative et non au contre-projet estimaient que l'initiative promettait bien davantage que ce qu'elle pourrait mettre en oeuvre.

Rejet du contre-projet

Le taux d'approbation du contre-projet a été le plus élevé au centre de l'échiquier politique: 64% pour les partisans du PLR et 63% pour ceux du PDC. Les proches de l'UDC ont approuvé à 94% la recommandation du parti de rejeter le contre-projet.

En revanche, les électeurs du PS étaient aussi divisés que les dirigeants du parti: une moitié votant oui, l'autre non. Parmi les adversaires du contre-projet, 43% ont estimé qu'il était trop coulant, et 20% qu'il allait trop loin. En outre, 15% des votants n'ont pas été en mesure de motiver leur non ou ont indiqué que le contenu du contre-projet était peu clair.

Réflexions tactiques

Les réflexions tactiques ont été d'une grande importance dans le cas du vote au contre-projet. En raison du pronostic favorable dont jouissait l'initiative avant le vote, 32% des partisans du statu quo ont choisi de l'approuver afin d'éviter autant que faire se peut l'acceptation de l'initiative.

Le contre-projet a été soutenu par des personnes estimant que l'initiative allait trop loin (21%). En tout, 16% ont reconnu que le oui était purement tactique.

Clivage gauche-droite sur les impôts

L'initiative pour des impôts équitables a été rejetée par 58,5% des votants. Cet objet a été marqué par l'opposition gauche-droite. Les partisans du PS l'ont soutenu à 78% alors que les votants de droite l'ont nettement rejeté: PDC (69%), PLR (86%) et UDC (75%).

Ceux ayant voté oui l'ont fait afin d'interdire le modèle régressif de l'impôt (30%) ou pour des aspects sociaux (20%). D'autres l'ont accepté pour limiter voire interdire la concurrence fiscale (17%).

Menace de hausse d'impôts

Du côté des opposants, 20% ont craint un déménagement des contribuables fortunés et donc une hausse des impôts. En outre, 22% ne voulaient pas d'une restriction de la souveraineté fiscale des cantons et des communes.

De nombreuses personne (38%) n'ont donné aucune raison pour motiver leur refus. L'argument le plus marquant semble avoir été celui qui affirmait que la classe moyenne devrait payer davantage d'impôts en cas de départ des personnes fortunées.

Réalisée par l'Université de Berne, l'analyse VOX se base sur des sondages menés par l'institut gfs.bern auprès de 1506 personnes ayant le droit de vote: 53% en Suisse alémanique, 27% en Suisse romande et 20% en Suisse italophone. La marge d'erreur s'élève à environ 2,5%.

(ats)