Suisse

28 janvier 2020 10:36; Act: 28.01.2020 13:57 Print

Accord-cadre: Economiesuisse veut l'obtenir

La faîtière ÉconomieSuisse retrousse ses manches pour combattre l'initiative dite de limitation proposée par l'UDC qui signerait «le glas» des accords bilatéraux.

storybild

Photo d'illustration. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Le Conseil fédéral doit signer l'accord-cadre cette année encore, demande mardi la faîtière de l'économie, economiesuisse, lors de sa conférence de presse annuelle. La place économique suisse est sous pression, notamment à cause de l'initiative de limitation de l'UDC.

Cette initiative sonne le glas de la voie bilatérale. Mais les relations stables sont indispensables, estime economiesuisse. Le vote du 17 mai est le plus important de l'année. Et la faîtière s'est dite prête à mener une campagne de votation intense.

Le titre de l'initiative est inoffensif et trompeur, critique Monika Rühl, présidente de la direction. Il est en totale inadéquation avec le contenu. Le texte prévoit que le Conseil fédéral disposera d'un an pour négocier l'abolition de la libre circulation des personnes avec l'UE et de 30 jours après ce délai pour résilier l'accord, si nécessaire.

Impossible exploit

Pour Mme Rühl, «c'est du pur bluff et les auteurs de l'initiative le savent parfaitement. Ils nous font miroiter que le Conseil fédéral réussira cet exploit.» Mais dans la réalité, le gouvernement n'aura pas d'autre choix que de résilier l'accord de libre circulation au plus tard en juin 2021. Et cela déclenchera la «clause guillotine».

En effet, l'ensemble des bilatérales I est lié à cet accord. Et le Brexit a montré que la participation au marché intérieur européen est indissociable de la libre circulation, a averti Mme Rühl. L'UE n'a rien cédé au Royaume-Uni au cours des trois dernières années.

De plus, les accords bilatéraux sont une solution sur mesure et il a fallu plusieurs années de négociations pour y parvenir. «Aucun accord d'accès au marché de cette ampleur n'a jamais été négocié en si peu de temps», prévient Mme Rühl. De plus, l'UDC ne propose pas d'alternative.

Un «oui» à l'initiative de limitation aurait un impact considérable sur la croissance économique du pays. «Nous ne pourrons pas simplement et rapidement envoyer nos exportations vers d'autres pays», affirme Heinz Karrer, président d'economiesuisse. Il est irréaliste de penser remplacer notre principal partenaire économique en intensifiant les échanges avec les Etats-Unis ou la Chine.

Le 17 mai, les Suisses devront donc choisir entre les accords bilatéraux ou un contrôle centralisé de l'immigration. L'un exclu l'autre, souligne Mme Kühl.

Impasse

La Suisse doit continuer à jouer un rôle pionnier dans la recherche, le développement durable, la protection du climat ou la numérisation. Les réformes ne doivent pas prendre de retard. Cela mettrait en péril la compétitivité helvétique.

Et le président de l'organisation de rappeler que l'impasse dans laquelle se trouve l'accord-cadre crée une grande incertitude pour les entreprises. La technologie médicale est le premier secteur industriel à en ressentir les conséquences négatives.

La branche perdra l'accès au marché intérieur de l'UE si l'accord sur la reconnaissance mutuelle en matière d'évaluation de la conformité n'est pas actualisé d'ici fin mai 2020. Les fabricants devront adapter leur gamme selon les exigences des pays tiers. Ce changement est long et coûteux, a averti M. Karrer.

Les entreprises doivent déjà prendre des décisions qui vont à l'encontre des intérêts de la recherche et de l'emploi, regrette economiesuisse. Certaines ont déjà annoncé des délocalisations d'emplois à l'étranger.

Recherche

Le domaine de la recherche subit aussi l'incertitude. La disparition des accords bilatéraux aurait un effet négatif sur les PME qui obtiennent des subventions dans le cadre des programmes de recherche européens.

Près de la moitié des projets auxquels la Suisse participe consistent en des coopérations entre des hautes écoles et des entreprises. Dans 62% des cas, les PME ont pu créer de nouveaux emplois grâce à ces projets.

(nxp/ats)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Kurt Sempach le 28.01.2020 11:21 Report dénoncer ce commentaire

    Fake News

    L'initiative ne signerait pas le glas "des accords bilatéraux" (plus de 600 accords) mais uniquement du paquet de bilatérales dit "bilatérales 1", qui ne profite exclusivement qu'à l'UE et qui ne menace en rien l'équilibre de la Suisse, bien au contraire. Pour moi, ça sera OUI !

  • Oto Mobil le 28.01.2020 11:28 Report dénoncer ce commentaire

    Et c'est parti !

    La propagande anti UDC commence déjà.les moutons vont trembler de peur et voter contre bien évidement !

  • mirkomilano le 28.01.2020 11:22 Report dénoncer ce commentaire

    il faut voter....

    mhhh ... tien... la propagande commence?

Les derniers commentaires

  • Papi Mougeot le 29.01.2020 10:28 Report dénoncer ce commentaire

    EconomieSuisse, voyons un peu !

    Un très grand patron de l'horlogerie le disait: " Cet accord ne sert à rien, on ne peut priver les Européens d'acheter des produits suisses s'ils sont les meilleurs ! " C'est la qualité de nos produits, l'innovation, qui font que l'on peut exporter en Europe. Les grenouillages de nos politiciens ne servent qu'à justifier de leur fonction. Pour rappel : l'Equivalence boursière chantage de l'UE, soi-disant indispensable à la Suisse pour ses banques. Cet accord n'est plus et nos banques se portent toujours bien depuis.. La population doit apprendre à relativiser les catastrophes annoncées..

    • Joe Yossarian le 29.01.2020 10:54 Report dénoncer ce commentaire

      @Papi Mougeot

      La Suisse ne vend pas que des Rolex et dans bien d'autres domaines la compétition est rude.

    • Papi Mougeot le 29.01.2020 13:42 Report dénoncer ce commentaire

      @Joe

      Le patron en question ne parlait pas pour son secteur, c'était en général. Par contre personnellement j'aspire à ce que tous les spécialistes frontaliers indispensables en Suisse se dépêchent de construire en France leurs propres entreprises. Juste pour le canton de Neuchâtel, 10'000 frontaliers X 10 litres d'essence par jour (le covoiturage n'existe pas) X 200 jours de travail/an ==> 20 millions de litres d'essence en moins dans les poumons des résidents en Suisse. Pour le bien de la planète !

    • Pierro le 29.01.2020 14:00 Report dénoncer ce commentaire

      @Papi Mougeot

      Applaudissement et chapeau bas ! Tout est dit, merci.

  • Justin le 29.01.2020 08:41 Report dénoncer ce commentaire

    Presque union européenne-Suisse

    L'accès au marché intérieur de l'UE par la Suisse même en cas d'accord restera soumis à des restrictions car la Suisse justement ne fait toujours pas partie de l'UE. Et ceci même en cas d'accord.

  • Papi Mougeot le 29.01.2020 08:24 Report dénoncer ce commentaire

    Moins de frontaliers, facile !

    Pourquoi le PS, les syndicats supportent l'injustice crasse qui font que pour un même salaire pour un même travail au même établi, on survit à La Chaux-de-Fonds et on s'affiche en villa, piscine en France ? Seul une juste correction de l'impôt des frontaliers corrigera cela, pour preuve ce calcul pour le canton de Neuchâtel avec les comptes de 2018 : Impôt des frontaliers ->10,5 mio/12'000 frontaliers/12 mois => Frs 73.- par mois d'impôt par frontalier au canton de Neuchâtel. Dans chaque canton romand c'est la même misère, on comprend dès lors l'état déplorable des finances de ceux-ci.

    • Srinivasa Ramanujan le 29.01.2020 15:18 Report dénoncer ce commentaire

      Frontalier

      Et en plus ils veulent avoir droit au chômage suisse !

  • Pauvre suisse le 29.01.2020 06:09 Report dénoncer ce commentaire

    STOP la magouille PLR et PS

    Les entreprises ont abusé en laissant au bord de la route un trop grand nombre d'habitants et les employeurs privilèges les européens, un moment donner il faut assumer ! Le 9 février 2014, aucune entreprise ne s'est remise en question et la magouille PLR et PS pour ne pas appliquer cette votation, l'UDC vient avec un autre style pour résilier les bilatérales 1. l'impôt des frontaliers à plus de 300 millions par an (montant du déficit pour Genève pour 2020 ) pour Bercy et tous les salaires qui part en france faire tourner l'économie du voisin, il faut un stop un moment....

  • Papi Mougeot le 28.01.2020 22:17 Report dénoncer ce commentaire

    Moins de frontaliers, facile !

    Pourquoi tant de travailleurs frontaliers ? Parce que pour un même travail, au même établi, un même salaire, on survit à La Chaux-de-Fonds alors qu'en France on s'affiche en villa, piscine, barbecue ! Corriger l'inégalité du pouvoir d'achat par l'impôt (le taux d'imposition des frontaliers date de 1984..!) et augmenter massivement les rentrées fiscales pour nos région endettées résoudra bien des problèmes d'engorgement, pollution, chômage, etc. La libre circulation sera conservée à la condition d'un même pouvoir d'achat. Pourquoi cet accord cadre, le problème est ailleurs ?

    • Pierro le 28.01.2020 22:45 Report dénoncer ce commentaire

      ça ne change rien !

      ils ont essayé de régler ça à coup de l'assurance maladie de 8% par frontalier qui travaille en CH. Si papa et maman bossent en CH, chacun va payer 8% de leur revenu du foyer. Ils ont aussi le choix de prendre une LAMAL suisse mai vous pensez bien que personne ne le fait.

    • Gio le 29.01.2020 07:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Pierro

      LAMal frontaliers est à 230.- si jamais

    • Pierro le 29.01.2020 11:54 Report dénoncer ce commentaire

      @Gio

      tellement ridicule par rapport à ce que l'on paie en Suisse.