Initiative des Alpes

15 février 2019 10:27; Act: 15.02.2019 11:57 Print

Le transfert de la route au rail est en bonne voie

Depuis l'acceptation de l'initiative des Alpes, il y a 25 ans, le trafic de marchandises à travers la Suisse sur les axes alpins doit s'effectuer par le rail. Un objectif pas tout à fait atteint.

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Moins de camions traversent les Alpes. (Photo: Keystone/archive/photo d'illustration)

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La politique de transfert de la route vers le rail fête 25 ans. L'Association suisse des transports routiers (ASTAG) a souligné la contribution «cruciale» de la branche aux progrès obtenus. Et de rejeter toute charge supplémentaire pour le transport routier.

Avec des montants se chiffrant en milliards, le milieu des transports routiers a «notablement contribué aux progrès obtenus (...) C'est un succès et nous allons garder ce cap», a affirmé vendredi à Berne le conseiller national et président de l'ASTAG Adrian Amstutz (UDC/BE). «La politique de transfert doit continuer à se limiter au trafic de frontière à frontière à travers les Alpes», a plusieurs fois martelé le politicien.

La branche verse notamment près de 1,6 milliard de francs chaque année via la redevance poids lourds liée aux prestations (RPLP). Mais le président de l'ASTAG et son directeur, Reto Jaussi, ont insisté sur «les plus de 25 milliards de francs» qui ont été accumulés depuis 2001 et dont deux tiers ont servi à financer l'infrastructure ferroviaire. «Les mesures appliquées jusqu'ici en Suisse ont produit leurs effets positifs", a dit M. Amstutz, vantant "des solutions concrètes et pratiques».

En Suisse, avec 71%, la position concurrentielle du rail est plus élevée que partout ailleurs, souligne le Bernois. La politique de transfert est donc «sur le bon chemin», estime-t-il. A titre de comparaison, l'Allemagne affiche un pourcentage de 27,9 et la France de 14,9.

Allemagne et Italie critiquées

«C'est le transport routier qui réalise le transfert alors que la polémique permanente des soi-disant 'protecteurs des Alpes' n'apporte strictement rien!», a pour sa part lancé Reto Jaussi. La branche a également investi «d'autres milliards» dans du matériel de chargements adaptés, comme par exemple des semi-remorques ou des conteneurs interchangeables, et dans la modernisation des flottes de véhicules.

Le problème récurrent du manque de capacité ferroviaire en Allemagne et en Italie ne peut pas être résolu par des charges supplémentaires pour le transport routier, avertissent encore les deux responsables de l'ASTAG. Le lobby du transport routier rejette donc une hausse de la RPLP, un système de dosage ou une bourse de transit alpin. «Cela serait sans effet», selon ses responsables.

L'ASTAG exhorte ainsi le Conseil fédéral à "accentuer la pression" pour que les pays voisins comblent leur retard au niveau des aménagements nécessaires, ce afin de réaliser en priorité les raccordements de l'Italie et surtout de l'Allemagne à la NLFA. «Ce n'est que de cette manière que le transfert du trafic de transit pourra avancer», a relevé M. Amstutz.

(nxp/ats)