Berne

18 septembre 2018 22:35; Act: 18.09.2018 22:35 Print

Le viol subi par un homme en passe d’être reconnu

par Pauline Rumpf - La loi actuelle ne conçoit le viol que lorsque la victime est une femme. Le Conseil national veut que ça change.

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Actuellement, sodomie ou fellation forcées ne sont «que» des contraintes sexuelles. (Photo: Marjan_apostolovic)

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«Celui qui (...) aura contraint une personne de sexe féminin à subir l’acte sexuel sera puni d’une peine privative de liberté de 1 à 10 ans», dit actuellement le Code pénal. Cette définition ne convient plus à la société, estime la conseillère nationale Laurence Fehlmann Rielle. La socialiste genevoise défendait lundi une motion pour faire changer le texte.

«La vision d’aujourd’hui est moins étroite qu’autrefois, on ose parler des cas subis par les hommes, juge l’élue. Une définition élargie aiderait les victimes masculines, notamment les personnes homosexuelles, à être prises au sérieux dans leur statut de victime de viol.» Après plusieurs tentatives d’un autre Genevois, le PLR Hugues Hiltpold, la proposition a finalement passé la rampe du National.

«Les femmes sont les premières à le subir»

Pour le principal opposant, le conseiller national Yves Nidegger (UDC/GE), c’est une aberration qui vise juste à suivre la mode. «Actuellement, la loi protège les femmes en donnant un caractère particulier à ce qu’elles sont de très loin les premières à subir, déclare-t-il. Les conséquences sont aussi plus graves pour elles, en raison du risque de grossesse. En faire une infraction fourre-tout affaiblirait leur protection.» Une affirmation qui fait grincer les dents de la socialiste: «La question de la grossesse minimise le viol de celles qui ne sont pas en âge de procréer.»

Le texte doit encore passer par le Conseil des Etats, puis sera discuté dans le cadre du projet d’harmonisation des sanctions du Code pénal.