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05 janvier 2016 14:28; Act: 05.01.2016 14:35 Print

Les «reines» valaisannes ne sont pas dopées

Malgré l'absence de contrôle positif, les prises de sang sur les vaches valaisannes qui participent aux combats de reines seront maintenues pour la saison 2016.

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Les combats de reines ne rapportent pas grand-chose au propriétaire d'une reine, hormis une notoriété locale.

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Les contrôles pour détecter toute forme de dopage sur les vaches d'Hérens qui participent aux célèbres combats de reines avaient été introduits en 1996.

«Il n'y a jamais eu un seul contrôle positif», a confié mardi le vétérinaire cantonal Jérôme Barras. La question de maintenir ces contrôles, qui coûtent 500 à 600 francs par combat aux organisateurs, a été discutée. Mais plusieurs éleveurs ont demandé de continuer.

Les contrôles avaient été introduits pour faire suite à une polémique de l'organisation internationale pour la protection des animaux qui accusait les éleveurs de vaches d'Hérens de doper leurs animaux aux amphétamines pour les combats.

Six ans plus tard, le laboratoire lausannois qui effectuait les analyses a décidé de ne se concentrer que sur l'humain. Les contrôles ont été suspendus, sans avoir décelé de cas de dopage, dans l'attente de trouver un nouveau laboratoire.

Contrôles de compétition

En 2006, toute la procédure a été revue. Les contrôles, maintenus, ne sont plus systématiques. Avant, il y avait un tirage au sort d'un certain nombre de bêtes avant chaque combat. Depuis, trois vaches, parmi les vainqueurs, sont contrôlées.

Les analyses sont toujours menées dans un laboratoire de Lausanne. Les échantillons sont prélevés par un vétérinaire officiel. Comme pour le dopage chez les sportifs, il y a deux échantillons pour chaque animal. Ils sont anonymisés avant l'analyse en laboratoire.

Trois substances sont contrôlées, explique Jérôme Barras. Pour le dopage pur, les analyses portent sur les cortico-stéroïdes, qui permettent d'élever le seuil de la douleur, et sur les hormones anabolisantes, qui augmentent la masse musculaire.

Les anti-inflammatoires sont également contrôlés. Ce ne sont pas des produits dopants à proprement parler. Il s'agit plutôt de médication, précise Jérôme Barras. Mais il est important que les bêtes qui se battent soient en bonne santé.

Beaucoup de fantasmes

Si aucune analyse n'a été positive jusqu'à présent, il n'est pas interdit de penser que des animaux dopés ont pu passer entre les mailles du filet. Jérôme Barras n'y croit pas. «Il y a beaucoup de fantasme autour de ces combats».

«Ce n'est pas comme un cheval qui doit fournir une prestation à un moment déterminé», explique le vétérinaire. Le propriétaire d'une vache ne sait jamais à quel moment sa vache va se battre. Et avant d'entrer dans l'arène, elle traverse le public. Le propriétaire ne peut pas risquer qu'elle ait un comportement agressif qui lui vaudrait une élimination.

Le dopage chimique demande aussi une infrastructure qui passerait difficilement inaperçue dans le milieu. Et il n'est pas sans risque. L'usage d'hormones peut nuire au vêlage, précise Jérôme Barras. Aucun éleveur ne prendrait ce risque puisque les vaches doivent vêler régulièrement pour participer aux combats.

Le vétérinaire cantonal note aussi, avec satisfaction, que jamais aucun éleveur n'a refusé la prise de sang sur une vache. Les combats de reines ne sont pas un «business», financièrement, ils ne rapportent pas grand-chose au propriétaire d'une reine, hormis une notoriété locale.

(nxp/ats)