Mühleberg

21 avril 2014 09:44; Act: 21.04.2014 10:02 Print

Les Bernois se prononcent sur un arrêt immédiat

Les Forces motrices bernoises (BKW) prévoient de fermer la centrale nucléaire de Mühleberg (BE) en 2019.

storybild
Sur ce sujet
Une faute?

Ce délai ne convient pas aux antinucléaires qui ont lancé l'initiative «Mühleberg à l'arrêt» réclamant une fermeture immédiate du site. Les citoyens du canton de Berne se prononceront le 18 mai.

Le texte a été déposé en février 2012 par un groupe de citoyens après la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon. Il demande que le canton, actionnaire majoritaire de la société des Forces motrices bernoises, veille à l'arrêt immédiat de la centrale nucléaire.

Début mars, le gouvernement bernois, à majorité rose-verte, a proposé un contre-projet qui recommande de stopper Mühleberg le plus rapidement possible, mais au plus tard en 2022.

Or en automne dernier, les Forces motrices bernoises créent la surprise en annonçant vouloir fermer la centrale en 2019. C'est la première décision concrète depuis que le Conseil fédéral a décidé en 2011 de sortir la Suisse de l'atome.

Investissements trop élevés

Le groupe BKW juge que les investissements nécessaires à la poursuite de l'exploitation de cette installation sont trop élevés. Mühleberg est en activité depuis 1972.

«Il s'agit d'une décision entrepreneuriale qui n'est pas d'ordre politique», avait déclaré sa directrice générale Suzanne Thoma lors de l'annonce. Cette mesure repose sur les prix jugés trop bas du courant.

Le président du conseil d'administration Urs Gasche a relevé que des raisons politiques avaient elles aussi, dans une moindre mesure, joué un rôle dans la décision d'arrêter Mühleberg en 2019. Les initiatives cantonales et fédérales pour la limitation de la durée d'exploitation des centrales constituent un risque latent, selon Urs Gasche.

De nouveaux obstacles d'ordre technique, économique et politique pourraient apparaître et entraîner une hausse des risques économiques liés à une exploitation à long terme. Face à ces incertitudes, l'entreprise utilisera la centrale jusqu'en 2019, date à laquelle elle sera définitivement déconnectée du réseau.

Plus de 40 ans d'activité

Malgré cette promesse, les antinucléaires tiennent à leur initiative. Selon le comité rose-vert à l'origine du texte, l'intention des Forces motrices bernoises d'arrêter le réacteur dans cinq ans n'a pas force obligatoire.

Un arrêt immédiat est techniquement possible, expliquent les auteurs de l'initiative comme l'illustrent des exemples en Allemagne. Ils craignent que le vieux réacteur ne reste en fonction encore de nombreuses années si l'initiative est rejetée.

Après plus de quarante ans d'activité, Mühleberg est une des plus anciennes installations nucléaires au monde. Elle est néanmoins moins vieille que celle de Beznau I (1969) et Beznau II (1971). Le site produit 5% du besoin en électricité de Suisse.

Le gouvernement et le Grand Conseil bernois sont opposés à l'initiative. Les adversaires de l'initiative ont qualifié celle-ci de coûteuse et inutile. L'acceptation du texte ne peut pas accélérer la fermeture définitive du site, prévue en 2019, estiment-ils. La majorité bourgeoise du parlement était également contre le contre-projet.

Un demi-milliard

Un oui le 18 mai pourrait coûter un demi-milliard de francs en dommages et intérêts à payer aux actionnaires, estime le groupe BKW. D'après sa patronne, ce sont les contribuables qui pourraient bien passer à la caisse.

Aux antinucléaires qui affirment que l'arrêt immédiat de Mühleberg permettrait d'économiser de l'argent, parce que les bas prix de l'électricité ne couvrent pas les coûts de production, Suzanne Thoma rétorque que la centrale est rentable. Les économies ne seraient que de l'ordre de 20 à 30 millions de francs.

La majeure partie des coûts fixes demeure, même après l'arrêt du réacteur. Or une centrale active livre quelque 120 millions de francs au résultat de l'entreprise.

Fiscalité et pensions

Outre Mühleberg, le peuple votera aussi sur un allègement des impôts sur les mutations, qui libérerait 800'000 francs du prix d'achat d'un bien immobilier de la taxation. Un changement souhaité par des fédérations de propriétaires, qui réduirait les rentrées fiscales de 25 millions.

Enfin, les Bernois devront se prononcer sur une nouvelle loi sur les caisses de pensions du personnel cantonal et des enseignants. Celle-ci vise un assainissement de ces institutions et prévoit notamment le remplacement de la primauté des prestations par la primauté des cotisations.

(ats)