Armée

23 février 2017 10:03; Act: 24.02.2017 06:37 Print

Les F/A-18 seront prolongés mais pas armés

Le Conseil fédéral va consacrer 450 millions, soit la moitié du programme d'armement, pour les prolonger jusqu'en 2030. Mais ils n'auront pas de système d'attaque.

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Guy Parmelin a détaillé son programme d'armement à la presse jeudi à Berne. (Photo: Keystone)

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Les avions de combat FA-18 seront utilisés jusqu'en 2030 en attendant l'achat de nouveaux jets. Cette dépense de 450 millions représente la moitié du programme d'armement 2017. Le Conseil fédéral demande de libérer parallèlement 750 millions pour les investissements. Au total, le Parlement est appelé à libérer 2,1 milliards. «Plusieurs projets d'envergure sont prévus ces prochaines années et les besoins en investissements restent élevés», a souligné jeudi devant la presse le ministre de la défense Guy Parmelin.

Le programme d'armement 2017 aurait dû inclure le projet de défense sol-air. Devisé initialement à 700 millions de francs, il a été gelé par le Vaudois. Des voix se sont toutefois élevées à droite au Parlement pour que cette somme soit compensée par d'autres acquisitions.

Le programme, présenté à la presse jeudi, porte sur un total de 900 millions. La moitié de cette somme est prévue pour la prolongation de la durée d'utilisation des FA-18, de 5000 à 6000 heures de vol par appareil. Cette mesure, déjà esquissée en novembre dernier, vise à éviter une lacune dans la protection de l'espace aérien dans les années 2020 après le refus de l'achat des Gripen et en attendant les nouveaux jets. Des missiles radar seront achetés ultérieurement.

FA-18 pas armés

Mais Guy Parmelin a renoncé à armer les F/A-18 qui ne seront finalement pas équipés d'un système d'attaque aérien destiné à appuyer les troupes au sol en cas d'agression. Une idée vivement critiquée. «Le Conseil fédéral a jugé que c'était prématuré d'ajouter cette capacité. Il a souhaité avoir d'abord le rapport d'experts en préparation en vue de l'achat d'un prochain avion de combat», a expliqué le ministre de la Défense. «A ce moment-là, en ayant tout sur la table, il mènera une discussion et tranchera définitivement quant à la nécessité ou non d'ajouter cette capacité partielle d'attaque au sol.»

Le Vaudois a refusé de parler de déception, puisque la question sera débattue au sein du collège. Pour lui, armer les F/A-18 aurait permis aux pilotes de s'entraîner à ce système d'attaques en vue du futur nouvel avion de combat. «On aurait gagné du temps et des investissements en termes de formation.»

Renforcer les capacités du F/A-18

Avec le crédit proposé au Parlement, la structure de l'avion toutefois sera renforcée. Il faudra remplacer des simulateurs, des systèmes d'instruction, de planification et de debriefing des missions ainsi que des composants de communication, de navigation et d'identification. Enfin, un nouvel appareil de vision nocturne intégré dans le casque du pilote permettra d'améliorer considérablement le champ de vision dans l'obscurité.

Les frais s'appuient sur des offres estimatives. Les Etats-Unis devraient accorder l'autorisation formelle au second semestre 2017. Les projets concernant le FA-18 ont jusqu'ici pu être mis en oeuvre dans le cadre budgétaire établi, souligne le Conseil fédéral.

Radio israélienne

Autre volet du programme, le maintien entre 2018 et 022 de la valeur du système intégré d'exploration et d'émission radio IFASS est devisé à 175 millions. L'entreprise israélienne Elta Systems Ltd assumera la responsabilité générale du système tandis que l'entreprise Thales Suisse prendra la responsabilité générale du système d'effecteurs. Cinquante millions sont destinés à l'acquisition de composants informatiques pour le centre de calcul Campus situé à Frauenfeld.

Enfin, le Conseil fédéral demande 225 millions pour le réapprovisionnement extraordinaire des stocks de munitions. Une somme importante, mais qui se justifie, selon Guy Parmelin. «C'est parce que ces dernières années, on avait laissé les stocks diminuer et qu'il y a une volonté de remonter en puissance dans le projet de développement de l'armée. On doit être capable de mobiliser 35'000 soldats en 10 jours. S'ils n'ont pas assez de cartouches pour tirer, et qu'après 3 jours, ils sont à court de munition, on ne serait plus crédible», a expliqué le Vaudois.

Investissements

Pour la première fois, le gouvernement soumet parallèlement au programme d'armement un programme d'investissements. Jusqu'ici, ces crédits étaient soumis dans le cadre du budget ordinaire. Le Conseil fédéral estime que la nouvelle manière de procéder améliore la vue d'ensemble des acquisitions à venir. «On gagne ainsi en transparence», a justifié Guy Parmelin.

Devisé à 750 millions, le crédit d'investissements se divise en trois blocs: études de projets, essais et préparatifs d'achats (173 millions), équipement personnel et matériel à renouveler (421 millions) et munitions d'instruction et la gestion des munitions (156 millions).

Aéronautique

Dans le premier bloc, 44 millions sont prévus pour le matériel aéronautique. Ce total doit englober les 10 millions annoncés pour étudier l'achat du nouvel avion de combat. Outre ce jet, ce bloc contient plusieurs crédits pour d'autres projets, dont près de la moitié concernent les préparatifs du remplacement du système de brouillage embarqué Vista 5.

A cela s'ajoutent d'autres projets comme le maintien de la valeur des avions PC-7 ou du système d'instruction des pilotes de jet PC-21. Le Conseil fédéral prévoit aussi 72,5 millions pour la matériel destiné aux télécommunications. Rayon équipement, la part du lion revient au matériel pour l'aide au commandement (157,8 millions). Vient ensuite celui pour le service de soutien et de transport (67,5 millions).

Immobilier

Enfin, le Parlement est appelé à libérer 461 millions au titre du programme immobilier. Le plus gros crédit concerne la construction du nouveau centre pour systèmes aéronautiques à Emmen (LU). Le Conseil fédéral demande deux fois 31 millions pour l'aérodrome de Payerne (construction d'un centre d'instruction de lutte contre le feu et assainissement des surfaces d'exploitation affectées au service du sol).

Vingt-sept millions sont destinés à la location de biens immobiliers à Epeisses et Aire-la-Ville (GE) et seize millions à l'assainissement et au renforcement de l'installation de télécommunication en Valais.

(cht/nxp/ats)