Energie nucléaire

18 mars 2011 12:10; Act: 18.03.2011 13:11 Print

Les Verts feront appel au peuple

Les Verts prévoient de faire appel au peuple si le Parlement n'abandonne pas l'énergie nucléaire en Suisse.

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Le débat sur le nucléaire a pris une nouvelle tournure. (Photo: Reuters)

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Le comité directeur des Verts a décidé de soumettre un projet d'initiative populaire à l'assemblée du parti début avril. Il juge que le débat autour de l'exploitation de l'énergie nucléaire a pris une nouvelle tournure depuis la catastrophe en cours au Japon. Quelle que soit leur appartenance politique, les citoyens peuvent désormais s'imaginer un avenir sans nucléaire, écrit-il au terme d'une séance extraordinaire vendredi dans un communiqué.

Le Parlement aura l'occasion de s'exprimer sur la demande du groupe écologique de sortir du nucléaire. Une session spéciale du Conseil national sur la politique nucléaire de la Suisse devrait se tenir, vraisemblablement lors de la session d'été, à la demande du groupe des Verts. Celui-ci a obtenu le soutien des groupes PS, PDC/ PEV/PVL et PBD.

Si la proposition des Verts de sortir du nucléaire devait être rejetée au Parlement, le parti ira devant le peuple, l'accord de sa base paraissant une formalité. Le texte de l'initiative est en cours d'élaboration. La récolte des signatures pourrait démarrer aussitôt après l'éventuel refus du Parlement.

Dépôt avant les fédérales

Si le National ne devait pas débattre de la politique nucléaire en juin, les Verts lanceraient quand même leur récolte de signatures cet été, a indiqué à l'ATS leur président Ueli Leuenberger. Celui-ci se dit certain de réunir les 100'000 paraphes nécessaires en deux temps trois mouvements, surtout que les Verts ne se voient pas partir seuls au combat. Il espère ainsi pouvoir déposer l'initiative encore avant les élections fédérales d'octobre.

Le président des Verts ne s'inquiète pas du fait que le peuple n'aurait à se prononcer que dans plusieurs années, une fois la catastrophe japonaise sortie de l'actualité. Ueli Leuenberger s'imagine une «campagne-éclair».

Remplaçable

Dans un communiqué publié vendredi, la fondation Sécurité énergétique apporte de l'eau au moulin des Verts. Le rapport Weinmann commandé par cette fondation estime le potentiel d'économie d'électricité conservateur à 13 tétrawattheures, la Confédération parlant même de 19 TWh.

Le potentiel de production à partir d'énergies renouvelables étant de 15 TWh, le total de l'électricité que l'on peut potentiellement économiser ou produire proprement atteint 28 TWh, soit davantage que la production nucléaire suisse qui se montait, en 2010, à 25 TWh, écrit la fondation.

Autres chiffres, le nucléaire représente quelque 30% de la production électrique consommée par les 127 millions de Japonais, qui atteint au total 1,25 million de gigawattheures. En Suisse, le nucléaire constitue près de 40% de la consommation totale équivalente à près de 63'000 GWh.

Trois textes bientôt

Ce projet d'initiative porte à trois le nombre de textes en faveur de la sortie du nucléaire. Les Verts occupent déjà le terrain avec leur initiative «pour une économie verte» dont la récolte des signatures a démarré la semaine dernière, la veille du séisme au Japon. Le texte demande que l'économie suisse réduise de manière drastique sa consommation de ressources.

Les Verts soutiennent une troisième initiative, lancée elle par le PS qui en est à la récolte de signatures. Surnommée «Cleantech», l'initiative «De nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables» demande qu'à partir de 2030, ces dernières couvrent la moitié des besoins énergétiques en Suisse. Autrement dit une sortie du nucléaire à cet horizon.

PS critique

Vu les événements au Japon, le PS a annoncé jeudi qu'il déposerait son texte plus vite que prévu. Au lieu de mai ou juin, notre initiative pourrait être déposée «ces prochaines semaines déjà», a dit le président du PS Christian Levrat à l'ATS.

Ce dernier doute en revanche que l'initiative envisagée par les Verts soit le meilleur moyen de sortir du nucléaire. Il craint que cela retarde le processus. Le PS préfère passer par une loi pour en finir avec les centrales atomiques.

(ats)