Fédérales 2019

21 octobre 2019 19:05; Act: 21.10.2019 19:05 Print

Les Verts se préparent au Conseil fédéral

Les Verts vont affiner leur stratégie ces prochains jours. Le groupe parlementaire écologiste tranchera fin novembre, mais des discussions seront menées avec les autres partis.

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Un jour après leur victoire historique aux élections fédérales, les Verts affûtent leur stratégie pour entrer au gouvernement. La question d'une éventuelle candidature en décembre n'étant pas tranchée, le parti comme ses alliés potentiels refusent d'en dire plus.

Le nouveau Parlement doit réélire en décembre le Conseil fédéral pour la prochaine législature, or sa composition actuelle ne reflète plus celle des Chambres fédérales, a souligné dimanche la présidente des Verts Regula Rytz. Selon elle, il serait légitime d'intégrer maintenant un écologiste au gouvernement.

A quelle échéance?

Toute la question est de savoir quand. Selon un sondage Tamedia publié lundi, 51% des personnes interrogées estiment que ce n'est pas encore le moment. Hormis les électeurs du parti lui-même, seuls ceux du PS et des Vert'libéraux sont nettement d'un avis contraire. Mais cette alliance ne réunit pas la majorité du Parlement.

Les écologistes ont besoin du soutien du PDC, du PLR ou de l'UDC. Les électeurs de l'UDC y sont le plus hostiles (92%) devant ceux du PLR (76%) et du PDC (65%).

Comme ils détrônent le PDC comme quatrième parti le plus fort au moins au National et pourraient renforcer nettement leur présence au Conseil des Etats, les Verts pourraient revendiquer le siège gouvernemental du PDC. Mais ils ont déjà averti qu'ils visaient plutôt un siège du PLR.

UDC et PLR ayant perdu leur majorité au National et n'étant pas en position d'en décrocher une à la Chambre des cantons, leurs quatre sièges au Conseil fédéral sont excessifs aux yeux des écologistes. Les vert'libéraux sont du même avis. Le jeu est toutefois verrouillé par le renouvellement de deux représentants PLR et PDC l'an dernier et il est plus difficile de déboulonner des ministres en place.

Ces prochains jours

Les Verts vont affiner leur stratégie ces prochains jours, déclare leur vice-présidente Lisa Mazzone. Le groupe parlementaire écologiste tranchera fin novembre, mais des discussions seront menées avec les autres partis.

Il n'y en a pas eu avec les Vert'libéraux avant les élections de dimanche, «pas un mot», précise leur président Jürg Grossen. Selon lui, il est trop tôt pour dire si le PVL soutiendra une candidature des Verts. Tout dépendra des personnes présentées et de la position des autres partis, mais des discussions seront menées, car la question se pose effectivement, «même s'il ne s'agit pas forcément d'évincer un ministre en place».

Le président du PDC Gerhard Pfister n'est pas plus disert sur le sujet. Il faut attendre les deuxièmes tours du Conseil des Etats. «Je ne me ferai des réflexions qu'après.»

La présidente du PLR Petra Gössi était déjà apparue sur la défensive dimanche soir. Selon elle, un conseiller fédéral ne faisant pas d'erreur ne doit pas être évincé et les discussions sur l'accession des Verts au gouvernement ne seront pas pour décembre.

Pas près de réussir

La vague verte aurait plus de chance de se concrétiser en cas de vacance au Conseil fédéral. Agé de 69 ans et en poste depuis 2008, l'UDC Ueli Maurer serait le plus susceptible de se retirer. Comme son parti reste de loin le premier de Suisse, la légitimité de l'UDC à conserver deux sièges n'est toutefois pas contestée à ce stade.

Les Verts pourraient donc devoir ronger leur frein encore longtemps.

(nxp/ats)