Miel

15 mars 2011 23:09; Act: 15.03.2011 23:11 Print

Les abeilles disparaissent, les apiculteurs aussi

par Joël Burri/sah - Le nombre d’exploitants de ruches diminue. Les experts s’inquiètent, tout comme les agriculteurs.

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Démoralisés, bien des professionnels mettent la clé sous la porte. Et il n’y a guère de relève. (Photo: AFP)

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Lassés de voir leurs ruches dépeuplées par un mal mystérieux, les apiculteurs jettent l’éponge. «Je suppose que leur nombre a diminué de 5 à 10% par rapport à 2009», estime Ruedi Ritter, responsable du projet abeille à l’Informa, le centre bernois de formation en agriculture. En plus, les jeunes s’intéressent peu à cette bourdonnante activité. Probléma¬tique, car en Suisse, «30% de l’alimentation et 70% des plantes fourragères dépendent de la pollinisation par les insectes, selon Peter Neumann, du Centre de recherches apicoles. L’abeille joue un rôle central.»

«Nous avons de la chance, nous avons plutôt tendance à voir le nombre de nos membres augmenter, tempère Guy Rouiller, président de la Société apicole du district de Monthey. Mais c’est peut-être lié à la vitalité de notre association. Nous formons pas mal de nouveaux apiculteurs.» Pourtant, les professionnels valaisans ne sont pas épargnés par la disparition d’abeilles. «L’hiver, il faut aller skier et ne pas trop y penser, relativise Guy Rouiller. Et au printemps, avec les premières fleurs, l’envie de recommencer est là.» En Valais, les arboriculteurs comptent sur les apiculteurs. «Les nouvelles variétés d’abricot, qui permettent d’étaler la production sur une plus grande saison, doivent obligatoirement être pollinisées.» Au printemps, la présence d’abeilles est donc primordiale.¬ «Si on a perdu trop de ruches l’hiver, c’est un peu difficile, mais on y est toujours arrivés», note Guy Rouiller.