Canton de Soleure

14 novembre 2019 14:11; Act: 14.11.2019 14:32 Print

Les distributeurs d'eau veulent interdire un pesticide

Les teneurs en chlorothalonil dépassent dans de nombreux captages soleurois les valeurs maximales autorisées par la Confédération.

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Danger pour l'eau potable, le chlorothalonil peut rester pendant des années dans les nappes souterraines. (Photo: Keystone)

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Les distributeurs d'eau du canton de Soleure demandent au Conseil fédéral d'interdire immédiatement le pesticide chlorothalonil. L'approvisionnement en eau potable doit être protégé.

Certains pesticides doivent être immédiatement interdits et il faut adapter rapidement les directives fédérales, a indiqué jeudi l'association soleuroise des communes. Des substances comme le chlorothalonil peuvent rester pendant des années dans les nappes souterraines.

Plusieurs distributeurs d'eau du canton de Soleure ont constaté que les teneurs en chlorothalonil dépassent dans de nombreux captages les valeurs maximales autorisées par la Confédération. Ils ont pris des mesures en fermant certains captages ou en mélangeant l'eau contaminée avec de l'eau propre.

Autorisé depuis les années 1970

Le chrolothalonil est autorisé en Suisse depuis les années 1970. Il est utilisé notamment dans la culture des pommes de terre, des céréales, des légumes et de la vigne.

En août, la Confédération a édicté une nouvelle directive qui enjoint les autorités à réduire les teneurs en chlorothalonil le plus rapidement possible au-dessous de 0,1 µg/l. Le délai est fixé à un mois.

Un risque pour la santé n'est pas exclu, selon l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Si, malgré tout, l'eau du robinet ne remplit pas les exigences, la population doit être informée.

Demande de l'USP aux agriculteurs

L'Union suisse des paysans (USP) a demandé récemment aux exploitations agricoles de renoncer aux produits phytosanitaires contenant du chlorothalonil. Il existe suffisamment d'autres substances actives pour protéger les cultures, souligne l'USP.

Au mois d'août, la ville de Lausanne a sorti du réseau d'eau potable des captages qui dépassaient la valeur maximale autorisée pour les métabolites, qui sont des produits de décomposition du chlorothalonil. En juin, l'eau potable du village de Domdidier (FR) a dû être coupée après la découverte d'un taux trop élevé de cette substance.

(nxp/ats)