Inégalités salariales

24 juin 2019 10:36; Act: 24.06.2019 10:37 Print

Patrons toujours mieux payés, pas les employés

En 2018, l'écart entre les rémunérations les plus basses et les plus élevées s'est encore creusé, a annoncé lundi Travail.Suisse.

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«Alors qu'on freine à tout va les augmentations de salaire pour les travailleurs normaux, à l'étage de la direction, il semble que d'autres critères s'appliquent», assène lundi Adrian Wüthrich, conseiller national et président de Travail.Suisse. (Photo: Keystone)

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L'écart entre les rémunérations les plus basses et les plus élevées s'est encore creusé en 2018. Alors que la pression sur les salaires, l'insécurité et la peur de perdre son emploi augmentent pour les bas revenus, nombre de dirigeants se sont octroyés de généreuses augmentations.

«Alors qu'on freine à tout va les augmentations de salaire pour les travailleurs normaux, à l'étage de la direction, il semble que d'autres critères s'appliquent», assène lundi Adrian Wüthrich, président de Travail.Suisse, à l'occasion de la publication de la 15e étude sur les salaires des managers, menée auprès de 26 entreprises.

Celle-ci rappelle qu'entre 2011 et 2018, l'écart salarial moyen a progressé de 1:45 à environ 1:51. Loin d'être l'apanage des entreprises financières ou pharmaceutiques, cette évolution est relevée dans l'ensemble des secteurs d'activité, souligne l'association de défense de travailleurs.

Comme exemple de ce creusement des inégalités salariales, Travail.Suisse cite le cas des patrons d'Helvetia (Philip Gmür, de 1:25 à 1:37), de Lonza (Richard Ridinger, de 1:40 à 1:88) et de Georg Fischer (Yves Serra, de 1:32 à 1:58) ainsi que des membres de la direction de Valora (1:12 à 1:28) ou SwissLife (01:35 à 01:42).

La palme pour Schwan

En termes absolus, la palme de l'écart salarial toutes catégories confondues revient cependant à Roche (1:257), devant les deux paquebots bancaires UBS (1:252) et Credit Suisse (1:226). Sans surprise, leurs patrons respectifs sont aussi les mieux payés et les seuls dont la rémunération a dépassé les 10 millions de francs en 2018: Severin Schwan (15,65 millions), Sergio Ermotti (14,12 millions) et Tidjane Thiam (12,65 millions).

L'initiative Minder «contre les rémunérations abusives» (entrée en vigueur début 2014) ne parvient pas à stopper cette tendance, et les mesures mises en oeuvre dans la révision du droit de la société anonyme ne sont pas assez efficaces, selon les auteurs de l'étude, qui fustigent le manque de transparence, les indemnités d'entrée et de départ ainsi que l'approbation incohérente et l'absence de limite pour les bonus.

«Avec une telle mise en oeuvre, l'initiative contre les rémunérations abusives reste évidemment sans effet», constate M. Wüthrich, reprochant l'apathie du monde politique face à ce qu'il qualifie de «ruée absurde sur les bonus».

Part féminine rachitique

A l'inégalité salariale s'ajoute celle des genres. Dans presque la moitié des entreprises examinées, les organes dirigeants sont exclusivemment masculins. Sur les 208 postes dirigeants recensés, seuls 19 étaient occupés par des femmes à fin 2018, soit une part de 8,8%, un chiffre jugé «scandaleux» par Travail.Suisse.

Le tableau est légèrement plus réjouissant en ce qui concerne la représentation féminine dans les conseils d'administration. Celle-ci a doublé au cours de la dernière décennie, pour atteindre 25,6% fin 2018. En comparaison européenne, la Suisse se situe toutefois toujours sensiblement au-dessous de la moyenne européenne (29%).

Revenant sur l'adhésion du Conseil des États aux seuils limités de représentation des sexes dans les directions et les conseils d'administration, le président assure que ceux-ci sont «une étape importante pour parvenir à une vraie égalité des sexes».

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • ric67 le 24.06.2019 10:49 Report dénoncer ce commentaire

    Un scandale !!!

    Cest vrai que cette captation des richesses produites est insupportable et même dangereuse socialement. Surtout que, dans la majorité des cas, le patron n'est qu'un employé parmi d'autres et n'a même pas pris lui les risques initiaux de l'entreprise. et le pire, c'est que si l'entreprise coule à cause d'une mauvaise gestion, le même patron partira avec bonus et parachute doré, sans même assumer sur ses propres deniers les résultats de ses erreurs (voir les Ospel et compagnie, par exemple). Ce modèle perverti n'est pas viable à long terme sans engendrer des troubles sociaux et économiques

  • Vanda le 24.06.2019 10:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste

    Triste mais verrai .. les riches plus riches les pauvres plus pauvres merci aux politiques

  • Acona le 24.06.2019 10:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est la suisse

    Vraiment des moutons vivement la retraite au soleil

Les derniers commentaires

  • Tobias le 26.06.2019 17:11 Report dénoncer ce commentaire

    Trop de postes dirigeants

    La plaie, ce sont bien tous ces cadres et directeurs. Dans l'entreprise où je travaille, il y en a presque autant que les employés ! Que font-ils ? Et bien ils sont "en réunion" les trois quart du temps. Et que font-ils pendant ces réunions ? Ils boivent des cafés (souvent accompagnés de viennoiseries, au frais de l'entreprise bien sûr) et parlent de tout et de rien. Et le bilan ? Ils ne décident jamais RIEN ! Pendant ce temps, les employés triment eux !

  • CptAlbator le 25.06.2019 12:28 Report dénoncer ce commentaire

    ??? Calcule bizzard

    Ha ha ha 1:257 Chez Roche? Ça veux dire que le moins bien payer gagne plus de 5000 par mois???? Il doivent avoir beaucoup de sous traitant! Car les secrétaire, réceptionniste, nettoyeur..... gagne rarement autant. Encore des chiffres qui veulent rien dire. Mais c'est claire que c'est pas normal de gagner autant. Genre ils gagne au loto chaque année eux!

  • Pugilax le 24.06.2019 23:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ça va peter

    Historiquement ça fini toujours par une guerre, entre les inégalités et l'agressivité générale, ça va purger sec ces prochaines décennies, un mélange entre walking-dead, la révolution française et la haine ( vieux film ) ....les riches s'en foutent plein les poches et se construisent des abris, le saviez-vous ??

  • actionnaire débonnaire . le 24.06.2019 22:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    c'est pourtant pas compliqué.

    quelle idée d'être employé c'est un mauvais choix la preuve, ils gagnent moins!

  • Gédéon le 24.06.2019 21:15 Report dénoncer ce commentaire

    Patrons et élus du peuple, même panier

    Tant que nos politiques en profiterons aussi, rien ne se fera ! De gauche comme de droite, nos politiciens ont aussi des intérêts non avouable, avec le patronat ! Suffit de voir les salaires et rémunérassions abusives, de nos élites pour s'en convaincre !