Suisse

12 octobre 2018 11:05; Act: 12.10.2018 12:44 Print

Les employés souffrent de la flexibilisation du travail

Travail.Suisse dénonce une flexibilisation du temps de travail qui se fait de manière très unilatérale au détriment des travailleurs.

Gabriel Fischer, responsable de la politique économique chez Travail.Suisse, tire la sonnette d'alarme.
Une faute?

La pression ne cesse de s'accroître sur les travailleurs. La flexibilisation du temps de travail se fait au détriment du temps libre, alors que la conciliation entre travail et vie privée devient de plus en plus difficile.

«Sous le mot-clé flexibilisation, des attaques de grande envergure heurtent actuellement de plein fouet la protection des travailleurs», souligne Travail.Suisse dans son baromètre des conditions de travail dévoilé vendredi.

«La flexibilisation du temps de travail se fait de manière très unilatérale et au détriment de la santé et de la conciliation entre la vie professionnelle et familiale», relève Gabriel Fischer, responsable de la politique économique chez Travail.Suisse.

Environ 40% des employés se sentent souvent ou très souvent stressés par leur travail. Le stress et l'épuisement émotionnel représentent une réalité quotidienne pour beaucoup d'employés et pour les assureurs-maladie un facteur de coût supplémentaire. «Il manque néanmoins toujours un monitoring régulier du stress», déplore Gabriel Fischer.

Horaires imposés

Entre 2015 et 2018, la part de ceux qui n'ont pas d'influence sur leur temps de travail est passée de 13,1% à 17,8%, alors que celle des personnes ayant une forte influence a diminué de 29% à 24,5%. Parallèlement, un tiers des travailleurs ne peuvent pas décider de leur temps de pause et la majorité pas même quand commence le travail.

Les employés déplorent également le manque de soutien à la formation continue. Presque la moitié des travailleurs trouvent que l'employeur n'encourage pas ou pas suffisamment leur formation continue.

Ce sont surtout les personnes peu qualifiées mais aussi les travailleurs plus âgés qui sont souvent livrés à eux-mêmes dans leurs efforts de se former et risquent ainsi de perdre le fil du marché du travail, ajoute Gabriel Fischer.

Contribution des employeurs

Travail.Suisse demande davantage de formation continue, aussi pour les travailleurs peu qualifiés. A l'ère de la numérisation, «le maintien de l'employabilité devient un défi d'ordre sociétal», soutient l'association.

Les employeurs doivent aussi y contribuer. L'organisation réclame en outre un fonds finançant les formations continues et les reconversions pour les travailleurs âgés.

Travail.Suisse exige de ne pas toucher à la loi sur le travail. L'association rejette catégoriquement le projet attaquant l'enregistrement du temps de travail comme le propose la commission de l'économie du Conseil des Etats.

Le Tessin mal noté

La qualité des conditions de travail varie fortement selon les secteurs, ressort-il du baromètre. La branche de l'information et de la communication se retrouve en haut du classement, alors que le secteur de la restauration pointe au dernier rang.

Le Tessin obtient le moins bon résultat de toutes les grandes régions de Suisse. Le canton italophone affiche des valeurs nettement en dessous de la moyenne suisse tant pour la dimension de la sécurité que pour celle de la motivation.

Publié chaque année depuis 2015, le baromètre des conditions de travail est le fruit d?un projet de coopération entre la Haute Ecole spécialisée bernoise, Travail.Suisse et le syndicat Syna.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Enzo le 12.10.2018 15:21 Report dénoncer ce commentaire

    Pour l'avoir vécu...

    A ne pas oublier, ce qui est flexible d'un côté et rigide de l'autre s'appel un fouet !

  • Anti Ecolos le 12.10.2018 12:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pub CFF

    Les CFF font de la publicité ou ils disent concilier vive professionnelle et vie privée ce qui n'est pas possible à moin de travailler à la direction.

  • Icing le 12.10.2018 13:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Terrible

    On arrive à un point où cest le misérable reste de notre temps libre qui est flexible ! En même temps si on est pas daccord ils engagent un frontalier ou un étranger moitié prix ..... bien les Suisse continuez à vous plaindre out en votant selon les conseils des milieux économiques et de la gauche .... qui vous a vendu Schengen comme la panacée ! La prochaine ou vous faites rouler , cest le 25 novembre

Les derniers commentaires

  • vie moderne le 14.10.2018 09:53 Report dénoncer ce commentaire

    La verite

    Et si les travailleurs suisses sont paresseux? La pause n'est connue qu'en suisse. Il faut une mise a jour pour les vrais suisses pour lesquelles la vie prive est plus important que leur travail.

    • Kikou le 14.10.2018 12:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @vie moderne

      Ne pas prendre son cas pour une réalité. Dans mon secteur du bâtiment ça devient vraiment pénible au possible. Toujours plus d'heures à faire sans le moindre mots à dire, les vacances si il y en aurait pas au mois d'août qui sont imposé ben on en aurait pas, et le contrat à signé dès que mon patron a décider de ce séparer de nous. Et ça c'est que quelques problèmes parmi tant d'autres mais la je peux écrites un roman si je me lance dedant.

  • Jerome Rossellat le 13.10.2018 00:06 Report dénoncer ce commentaire

    Avenir triste

    Ce qui est certain est que ce n'est pas en votant à droite que cela va s'améliorer , hélas la majorité hait la gauche et les fans de l'UDC croient que la faute vient des étrangers et des frontaliers alors qu'ils sont vitaux à notre économie. Bref, la Suisse n'ayant pas le courage de la France, ses citoyens étant les plus dociles du monde ( cest ce qu'on appelle la paix du travail, autrement dit la soumission au chef), les rangs des chômeurs et des gens en burn out vont exploser ces prochaines années . Il ne manquerait plus que l'abandon des accords bilatéraux pour ruiner le pays.

  • Rey Fléchy le 12.10.2018 17:39 Report dénoncer ce commentaire

    Cqfd

    Les rh manipulent. Ils veulent annuler les contrats cdi par des contrats à la demande. Et ils ont décidé que cest les employés qui veulent ce système car le monde du travail na plus à fournir une garantie demploi. Ils préparent lavenir pour le travail automatique (plus besoin de comptables et dadministratifs) et la venue des robots. Et cest irréversible. Mais en ayant de lavance, leur salaire suit. Leu et les syndicats nont rien à voir dans cette évolution. Cest le développement normal de notre société. Maintenant, il faut gérer pour ne pas créer une société à plusieurs vitesse

  • Ex-Ploiteur le 12.10.2018 16:39 Report dénoncer ce commentaire

    Et personne l'a vu venir?

    C'est quand ça a commencé qu'il fallait réagir. Mais voilà, il y a des gens qui ont accepté les conditions des contrats de travail, parce qu'ils n'avaient pas trop de formation, parce qu'il leur fallait absolument un job, parce que, parce que, parce que Chacun a mille bonnes raisons d'avoir signé, et au total, ça donne un gros souci. Il y a une responsabilité individuelle qui est complètement occultée, dans cette histoire.

  • Enzo le 12.10.2018 15:21 Report dénoncer ce commentaire

    Pour l'avoir vécu...

    A ne pas oublier, ce qui est flexible d'un côté et rigide de l'autre s'appel un fouet !