Fédérales

08 octobre 2019 14:04; Act: 08.10.2019 14:33 Print

Les enjeux en Suisse allemande et au Tessin

Quelles sont les tendances des élections fédérales outre-Sarine? On fait le point sur les principaux résultats attendus le 20 octobre.

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(Photo: Keystone)

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Le camp écologiste en poupe à Zurich?

Sept mois après la large victoire des écologistes aux élections cantonales, Verts et Vert'libéraux devraient connaître un nouveau succès dans le canton le plus peuplé de Suisse. Le thème du climat figurant aussi au coeur de la campagne pour les fédérales, tout indique qu'ils vont progresser au National également. L'UDC s'annonce comme la grande perdante du 20 octobre. La perte d'au moins deux sièges semble promise à la liste emmenée par le tribun Roger Köppel. Tous les autres partis tenteront de préserver leurs acquis dans une députation zurichoise actuellement composée comme suit: 12 UDC, 9 PS, 5 PLR, 3 Vert'libéraux, 2 PDC, 2 Verts, 1 PBD et 1 PEV. Dans la course au Conseil des Etats, les deux sortants Ruedi Noser (PLR) et Daniel Jositsch (PS) partent favoris face à la concurrence de cinq autres candidats.

Lire: Victoire écolo en vue à Zurich, claque à l'UDC?

Sièges socialistes des deux Bâle aux Etats très convoités

Les deux sièges socialistes de Bâle-Ville et Bâle-Campagne, qui se libèrent au Conseil des Etats, sont l'enjeu principal de ces fédérales. Le PS occupe l'unique siège de Bâle-Ville aux Etats depuis 52 ans. Anita Fetz (PS) se retire après 24 ans de présence à Berne, dont seize aux Etats. Eva Herzog (PS), actuelle ministre des finances, est la grande favorite pour lui succéder. A Bâle-Campagne, il est presque certain que le siège du canton ne sera attribué qu'au 2e tour. Claude Janiak (PS) se retire après 20 ans à Berne, dont 12 aux Etats. Quatre candidats sont en lice pour lui succéder: Maya Graf (Verts), Eric Nussbaum (PS), Daniela Schneeberger (PLR) et Elisabeth Augstburger (PEV). Les trois premiers siègent au National.

Au National justement, Bâle-Ville dispose de 5 sièges. Ils sont occupés par deux socialistes, une verte, un UDC et un libéral. Seule la socialiste Silvia Schenker se retire. Le siège des Verts est menacé. A Bâle-Campagne, les sept conseillers nationaux (2 PS, 2 UDC, 1 PDC, 1 Vert et 1 PLR) se représentent.

Perte UDC au National en Argovie?

Au National, le PS et le PDC veulent décrocher un siège supplémentaire. Le PS espère que le débat sur le climat provoquera un glissement vers le centre-gauche. L'UDC, qui connaît de gros problèmes internes, doit elle assurer la relève de ses 7 sièges mais doit faire face au départ de quatre sortants, parmi lesquels le très populaire Ulrich Giezendanner. Autre forte personnalité du parti, le conseiller national Luzi Stamm n'a pas été retenu par la section pour briguer un nouveau mandat et se présente sur une liste à son nom. Le PBD est en perte de vitesse et son siège est en danger. Les Vert'libéraux devraient conserver leur siège. Aux Etats, les retraits des deux sénateurs, l'ancien président du PLR suisse Philipp Müller et la socialiste Pascale Bruderer Wyss, ex-présidente du National, attisent les convoitises. Dix candidats sont en lice, dont les conseillers nationaux Cédric Wermuth, qui risque d'avoir du mal à conserver le siège socialiste et Thierry Burkart (PLR).

Pas de changement à Soleure?

A Soleure, il ne devrait pas y avoir de changements aussi bien au National qu'aux Etats. Cinq des six conseillers nationaux sortants se représentent. L'ancien conseiller d'Etat Peter Gromm (PS) devrait pouvoir défendre le siège socialiste après le départ de Bea Heim (PS). Aux Etats, les deux sortants Pirmin Bischof (PDC) et Roberto Zanetti (PS) se représentent. Trois autres candidats sont en lice: Stefan Nünlist (PLR), le conseiller national Christian Imark (UDC) et Felix Wettstein (Verts). Il leur sera très difficile de déloger les sortants.

St-Gall: Paul Rechsteiner encore en lice

Verts et Vert'libéraux devraient profiter d'un vent favorable au National le 20 octobre. Le débat omniprésent sur le changement climatique pourrait leur permettre d'arracher l'un des cinq sièges de l'UDC, «orpheline» de Toni Brunner, et l'un des trois mandats du PDC, parti en recul permanent dans ce canton pourtant majoritairement catholique. Le PS et le PLR devraient pouvoir maintenir leurs deux sièges respectifs. Au Conseil des Etats, l'ex-ministre PDC Beni Würth, qui a remplacé au printemps Karin Keller-Sutter à la Chambre des cantons, semble intouchable. Le PLR et l'UDC visent en revanche le fauteuil du socialiste Paul Rechsteiner qui se représente une 3e fois.

Magdalena Martullo (UDC) menacée aux Grisons

Les élections s'annoncent très disputées. Face au centre-droit (PLR-PDC-PBD) et à l'alliance entre le PS, les Verts et le PVL, l'UDC pourrait perdre un siège au Conseil national. Celui de la fille de Christoph Blocher, la patronne d'Ems Chemie Magdalena Martullo est visé. Elue en 2015 au détriment des Vert'libéraux, elle aura fort à faire, avec son colistier Heinz Brand, face aux coups de boutoir de ce parti en plein débat national sur le climat. De son côté, le PBD tremble pour son siège détenu par Duri Campell. Les bourgeois-démocrates étant en perte de vitesse dans ce canton fief, il n'est pas exclu que le PLR s'en empare.

Uri: Heidi Z'graggen favorite aux Etats

L'élection au National est moins ouverte que prévu en terres uranaises après le retrait du candidat Matthias Steinegger (PLR), victime d'un AVC et qui ambitionnait de récupérer le siege perdu par le PLR en 2015. Le comité directeur du parti a renoncé à lui trouver un remplaçant et recommande de voter pour l'un des deux autres candidats bourgeois. Le PDC, le plus fort parti au Parlement uranais, est en embuscade pour piquer le siège UDC. En ce qui concerne le Conseil des Etats, l'élection de la conseillère d'Etat Heidi Z'graggen (PDC), qui a acquis une forte notoriété avec sa candidature au Conseil fédéral en 2018, semble acquis. Le sénateur sortant Josef Dittli (PLR) devrait lui aussi être réélu.

Le camp rose-vert pourrait gagner un siège à Lucerne

Le nombre de sièges au National va passer de 10 à 9 par rapport à 2015 en raison de l'évolution démographique. Les 10 fauteuils lucernois sont actuellement détenus par trois PDC, trois UDC, deux PLR, une PS et un Vert. Tous les sortants se représentent. Mais l'UDC et le PDC sont menacés alors que le camp rose-vert, vainqueur lors des élections cantonales de ce printemps, pourrait remporter un siège supplémentaire. Au Conseil des Etats, le sortant Damian Müller (PLR) devrait être réélu sans problème. Le fauteuil du PDC Konrad Graber, qui ne se représente pas, est lui âprement disputé. Sept candidatures ont été déposées. Mais la conseillère nationale PDC Andrea Gmür-Schönenberger part favorite.

Le PLR exposé à Zoug

Le conseiller national PLR Bruno Pezzatti libère son siège et le parti manque de candidats d'envergure pour le défendre. Galvanisée par sa victoire aux cantonales d'octobre dernier face à une droite majoritaire mais faiblissante, la gauche veut ravir ce mandat et faire son retour au National après son éjection en 2011. Les deux autres fauteuils zougois à la Chambre du peuple semblent intouchables. Ils sont occupés par le président du PDC Gerhard Pfister et l'UDC Thomas Aeschi en lice pour un nouveau mandat. Au Conseil des Etats, il n'est pas garanti que le PDC et le PLR parviennent à conserver leurs sièges respectifs. Outre le sortant démocrate-chrétien Peter Hegglin, qui se représente, six autres personnes sont sur les rangs.

Schaffhouse: PS et UDC enracinés

Tout indique que les deux sortants au National et leurs deux collègues aux Etats seront réélus. L'UDC Thomas Hurter siège à la Chambre du peuple depuis 2007. La socialiste Martina Munz est conseillère nationale depuis 2013. Le PS schaffhousois est représenté au National sans interruption depuis 1925. Face à eux, six femmes et 21 hommes tenteront d'obtenir l'un des deux sésames. Leur tâche ressemble à une mission impossible face à une UDC modérée et un PS solidement ancré. Aux Etats également, les deux sortants semblent très difficiles à battre. Le sénateur UDC Hannes Germann y représente son canton depuis 2002. Son collègue sans parti Thomas Minder, membre du groupe parlementaire de l'UDC, a lui aussi de bonnes chances d'être réélu.

Tâche difficile pour l'UDC en Appenzell

En Appenzell, les élections fédérales se résument principalement à un affrontement entre les partis dominants - le PLR dans les Rhodes-Extérieures (AR), le PDC dans les Rhodes-Intérieures (AI) - et des personnalités issues de l'UDC. Dans les Rhodes-Intérieures, l'élection au National semble ouverte, le sortant Daniel Fässler (PDC) ayant été élu en avril conseiller aux Etats par la Landsgemeinde. Deux PDC, un UDC et un PS briguent sa succession à la Chambre du peuple. Dans les Rhodes-Intérieures, une défaite de l'UDC suivrait la logique des élections cantonales, quand elle a perdu cinq de ses douze sièges parlementaires au début de l'année. Aux Etats, le PLR Andrea Caroni semble intouchable. Même le PS et l'UDC appellent à le réélire.

Au Tessin le centre-droit unit ses forces

Le PLR et le PDC ont décidé d'unir leurs forces. L'apparentement de leurs listes pour le National est une première historique. Il faut dire que la tâche ne sera pas facile pour le centre-droit de confirmer ses 4 sièges au National (deux pour le PLR, deux pour le PDC). Le PDC notamment a subi une perte aux élections cantonales d'avril dernier. Ses deux conseillers nationaux sortants Fabio Regazzi et Marco Romano se représentent. La Lega cherchera à conserver ses deux sièges avec les sortants Lorenzo Quadri et Roberta Pantani. Idem pour l'UDC avec Marco Chiesa.

Au Conseil des Etats, le sortant Filippo Lombardi (PDC) brigue un sixième mandat sous la Coupole. Mais son fauteuil est convoité à gauche et à droite. Le siège que laisse vacant Fabio Abate (PLR) sera également disputé. Le PLR lance le conseiller national Giovanni Merlini qui en 2014 avait remplacé Fulvio Pelli au Parlement et avait été confirmé en 2015. A gauche le PS joue à fond la carte de Marina Carobbio. La présidente sortante du National est candidate dans les deux Chambres. Les Verts lancent la jeune Greta Gysin dans la course avec la même tactique.

(cht/ats)