Accès aux études

15 février 2011 14:17; Act: 15.02.2011 16:14 Print

Les étudiants condamnent le numerus clausus

Le numerus clausus renforce la pénurie de médecins en Suisse.

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Selon les étudiants, le numerus clausus renforce la pénurie de médecins en Suisse. (Photo: Keystone)

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C'est ce que dénonce l'Union des étudiants de Suisse (UNES), qui demande la suppression d'une pratique «discriminatoire». Les étudiants n'ont pas à assumer une politique de formation «déstructurée»; les acteurs de la politique de la formation doivent prendre leurs responsabilités.

L'UNES a pris position mardi, date du délai d'inscription aux études de médecine humaine, dentaire, vétérinaire et pour la chiropractie fixé par la Conférence des recteurs des universités suisses. L'an dernier, plus de 4.600 étudiants se sont inscrits alors que seules un peu plus de 1.400 places étaient disponibles.

Cela fait plus de dix ans que les universités suisses pratiquent des restrictions d'accès sous forme de numerus clausus ou de sélection intra-universitaire pour les études de médecine. Initialement, cette mesure visait à restreindre les coûts de la formation dans le domaine de la médecine. Si le nombre d'inscriptions dépasse de plus de 20% les capacités d'accueil des instituts de formation, un test d'aptitude est pratiqué pour limiter le nombre d'étudiants en médecine. Ce test d'aptitude est devenu monnaie courante pour les universités de Bâle, Berne, Fribourg et Zurich, relève l'UNES.

Obstacle financier

Alors que la maturité est généralement considérée comme une garantie suffisante des connaissances générales et des qualités pour suivre des études supérieures, elle perd clairement sa valeur face à un numerus clausus généralisé en médecine. Les tests d'aptitudes mis en place pour mesurer la capacité des bacheliers «sont discriminatoires et négligent les aspects de la personnalité des personnes qui s'y soumettent». Le potentiel d'innovation ou encore la compétence sociale ne peuvent pas être évalués par ces tests. Le numerus clausus peut aussi représenter un obstacle financier important: les cours privés nécessaires à sa préparation et la taxe d'inscription au test ne sont pas négligeables et créent «une claire inégalité des chances».

Alors que la demande en soins médicaux augmente, le numerus clausus dans les facultés de médecine et ailleurs n'a plus lieu d'être: «ce n'est pas aux étudiants d'assumer une politique de formation déstructurée». Le numerus clausus «rejette la responsabilité sur les étudiants au lieu de confronter véritablement les acteurs de la politique de la formation à leur devoir d'organisation des facultés de médecine», que ce soit au niveau de la Confédération ou des cantons.

(ap)