Migrants dans les médias

23 mai 2019 22:00; Act: 23.05.2019 22:00 Print

Les finesses du langage marquent les préjugés

Les médias peuvent renforcer ou atténuer les préjugés envers les migrants.

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(Photo: Keystone / Anthony Anex)

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Une étude menée par l'Université de Berne invite à des comptes rendus équilibrés. Et de moins recourir aux substantifs.
Un seul article peut modifier les idées reçues sur les migrants, dans le sens positif comme négatif. L'information transmise, mais aussi des finesses du langage, peuvent marquer de leur empreinte ces préjugés, expliquent Sylvie Graf et Sabine Sczesny, de l'Université de Berne, dans la revue Media Psychology.

Dans le cadre du projet de l'UE «Migrants in the Media», les deux psychologues ont mené différents tests en Suisse et en Tchéquie, a annoncé la haute école jeudi. Dans un des tests, des volontaires ont lu des articles fictifs sur deux groupes d'étrangers perçus de manière négative et sur un groupe considéré de manière positive.

L'attitude des volontaires - positive, négative ou mitigée - envers les groupes changeait d'après le comportement décrit dans l'article respectif. «Les articles positifs ont induit une atténuation des préjugés, tandis que les comptes rendus négatifs les ont renforcés», explique Sylvie Graf.

Point intéressant, les articles contenant aussi bien des informations positives que négatives ont réduit les préjugés. «Cela indique que l'ajout d'informations positives dans des nouvelles négatives peut réduire les préjugés», selon la psychologue.

Phénomène moins apparent, les finesses du langage influencent également les idées reçues. Les substantifs par exemple suscitent des associations différentes chez le lecteur que les adjectifs.

«Un catholique»

Des études antérieures avaient montré que les gens pensent qu'«un catholique» fréquente davantage l'église qu'«une personne catholique». Selon l'Université de Berne, il manquait toutefois jusqu'ici une étude systématique sur l'effet des substantifs et des adjectifs.

Dès lors, les deux psychologues ont soumis aux volontaires des articles contenant des expressions comme «un Kosovar sauvant (...)» ou «un sauveteur kosovar». La première formulation a suscité davantage de préjugés que la seconde.

Les substantifs renforcent davantage les préjugés que les adjectifs, indépendamment de l'aspect positif ou négatif du compte rendu et même lorsque des événements positifs sont relatés, explique Sylvie Graf.

(20 minutes/ats)