Suisse

30 juillet 2018 12:32; Act: 30.07.2018 18:53 Print

Les glaces sont bien plus chères cet été

Les cornets et autres bâtons glacés industriels sont 20% plus chers cet été que l'année passée. Explications.

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Les plaisirs glacés de l'été ont un prix qui grimpe mystérieusement. (Photo: Keystone)

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Avec la chaleur estivale, les Suisses sont nombreux à se ruer sur les glaces quand ils font leurs courses dans les supermarchés du pays. Mais peu de clients remarquent à quel point elles sont devenues plus cher cet été par rapport à l'an dernier, souligne le Tages-Anzeiger lundi.

En effet, le journal a comparé les prix. Verdict: la hausse est de 20% ou plus. Ainsi les cornets de la Migros coûtent désormais 1,95 franc, contre 1,60 l'an dernier. Soit une augmentation de 35 centimes, soit 22%. Pas mieux chez Denner: le bâton Pralinato de Nestlé est passé de 1,90 à 2,30 francs. Les cornets Frisco Extrême, à 2,80 francs, coûtent eux aussi 20 centimes de plus que l'été denier. Chez Coop, les tarifs de ces deux dernières glaces ont augmenté de 10 à et 15 centimes respectivement.

Matières premières plus chères

Comment expliquer ces tarifs? Les détaillants les attribuent à la hausse des prix des matières premières, notamment le lait et la vanille, explique Coop. De son côté, Migros met en avant des coûts d'exploitation plus élevés sur le terrain. Denner, qui revend des produits de marque, accuse lui les fabricants qui auraient augmenté massivement leurs produits.

Le Tages-Anzeiger souligne qu'effectivement les prix de la vanille, qui vient principalement d'Afrique, ont fortement augmenté. Mais cela n'explique pas pourquoi les glaces au chocolat ou à la fraise ont également pris l'ascenseur. Quant au lait et à la crème, ils sont plus chers qu'en juillet 2017. Mais seulement de 1,3%. Pas de quoi justifier donc les 20% de hausse du cornet de glace.

«Les détaillants préfèrent augmenter les prix petit à petit. Cela les rend plus faciles à digérer. C'est une question de psychologie», explique Thomas Rudolph, spécialiste du commerce de détail à l'Université de St-Gall. En outre, les clients peinent à se souvenir des prix d'une année à l'autre, surtout pour des articles au détail, explique-t-il.

Imposés par les fabricants

Denner avance pour sa part que les hausses ont été imposées pour les fabricants de marque. «Ils ont augmenté les prix, prix que nous avons dû répercuter sur les clients, que cela nous plaise ou non», explique le porte-parole Thomas Kaderli. Il se réfère spécifiquement au fournisseur Froneri, le plus grand fabricant de crème glacée de ce pays, basé à Rorschach (SG). Selon Denner, le groupe aurait justifié les majorations de prix par des coûts administratifs et publicitaires plus élevés ainsi que par des coûts de démarrage.

Mais Froneri rejette l'accusation. Selon le groupe, les détaillants ont le choix de fixer leurs propres prix de vente. La hausse du fabricant par rapport à l'an dernier ne serait que de 2,5% sur l'ensemble de sa gamme. Dur à savoir qui a tort et qui a raison.

Concurrence

Quoi qu'il en soit, Tomas Rudolph estime que le pouvoir du groupe Froneri a ses limites en raison de la concurrence. «Si la différence de prix devient trop importante, les clients se tournent vers des marques privées moins chères», explique-t-il.

Ce qui explique peut-être pourquoi Migros a augmenté le prix des glaces de sa propre marque. Si les glaces des autres marques deviennent plus chères, le géant orange, en tant que leader du marché, peut également revoir à la hausse ses produits tant que l'écart de prix reste à peu près le même.

(nxp/cht)