Mesures anti-sismiques - Bâle

24 février 2011 16:18; Act: 24.02.2011 16:24 Print

Les groupes chimiques se sont adaptés

Les groupes chimiques et pharmaceutiques bâlois ont dépensé 40 millions de francs pour adapter leurs bâtiments et installations aux normes modernes anti-sismiques.

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Au total, 80 installations ont été contrôlées sur les sites des grandes entreprises. (Photo: Keystone)

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L'adaptation systématique aux normes sismiques est une première suisse en matière de partenariat entre l'Etat et l'économie.

Entrepris il y a une dizaine d'années, les travaux se sont terminés l'an dernier dans les délais, indiquent jeudi les autorités de Bâle-Ville. Ils sont le fruit d'un accord passé en 1999 entre les groupes Novartis, Roche, Ciba Spécialités chimiques, Valorec et le Département cantonal de la santé.

Cet accord a «valeur de modèle» pour Bâle et la Suisse entière dans le domaine du partenariat entre l'Etat et l'économie privée, s'est réjoui face aux médias le conseiller d'Etat Carlo Conti (PDC). Et de saluer la «bonne collaboration» entre les entreprises et le canton.

Au total, 80 installations ont été contrôlées sur les sites des grandes entreprises. Plus d'une douzaine de constructions et de nombreuses installations ont été renforcées. But de l'opération: protéger le personnel à l'intérieur et à l'extérieur des sites en cas de catastrophe.

Novartis a investi 18 millions de francs pour renforcer notamment les fondations de ses bâtiments et ajouter des piliers de soutien en acier. Roche a dépensé 12 millions. Huntsman, qui a repris une partie des activités de Ciba Spécialités chimiques, a payé 9 millions.

Laxisme des privés

Les entreprises ont en outre renforcé des édifices non menacés mais fréquentés par de nombreux collaborateurs. Les sites de la chimie bâloise et bâtiments publiques du canton sont désormais adaptés aux normes anti-sismiques.

De nombreux bâtiments privés ne sont en revanche toujours pas renforcés, déplore Andreas Götz. Face aux médias, le vice-directeur de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) a exhorté les maîtres d'ouvrage à prendre leurs responsabilités.

Toujours pas d'assurance

Autre point noir souligné en conférence de presse, il n'existe aucune assurance contre les tremblements de terre en cas de séisme puissant provoquant des dégâts malgré les mesures prises. Dans un tel scénario, les entreprises doivent couvrir eux-mêmes les frais. L'Etat pourrait alors être amené à aider financièrement les firmes pour leur éviter qu'elles ne sombrent.

«Il ne s'est pas passé grand chose dans ce domaine», déplore Carlo Conti. La création d'une assurance nationale obligatoire contre les tremblements de terre a été abandonnée l'an dernier par manque de volonté des propriétaires et des politiques. Les assureurs ont du même coup dissout leur fonds en cas de séisme.

Seuls Bâle-Ville, le Valais, le Jura et Nidwald exigent des mesures anti-sismiques avant d'accorder des permis de construire. Pourtant, les risques existent dans toute la Suisse, souligne Andreas Götz. La région bâloise et le Valais sont les zones sismiques les plus sensibles.

Bâle dévastée en 1356

«A chaque siècle, le pays a été secoué par un séisme qui a causé de lourds dommages», rappelle le directeur de l'OFEV. Les dégâts d'un important séisme peuvent aujourd'hui atteindre entre 60 et 120 milliards de francs.

En 1356, Bâle a été détruite par le tremblement de terre le plus dévastateur que l'Europe centrale ait jamais connu. La cité rhénane est frappée tous les 1500 à 2500 ans par des séismes similaires, selon une étude présentée en 2001 par l'institut de sismologie de l'EPF Zurich.

(ats)