Argovie

29 mai 2015 12:55; Act: 29.05.2015 12:56 Print

Les instits devront parler schwytzertütsch ou partir

Les enseignants ont encore quatre ans pour se mettre à la page. Sinon, ils seront licenciés. Cette décision fait suite à un scrutin cantonal favorisant le dialecte à l'école enfantine.

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Ceux qui enseignent à l'école enfantine en Argovie, notamment les Allemandes et Allemands, perdront leur emploi à la fin de l'année scolaire 2018/2019 s'ils ne disposent pas de compétences dans le dialecte alémanique. C'est la conséquence de la votation cantonale de mai 2014 en faveur du dialecte.

Le gouvernement propose au parlement de modifier la loi scolaire afin de faire appliquer l'initiative de l'UDC «Oui au dialecte à l'école enfantine», a-t-il indiqué vendredi dans son message au législatif. Le texte, qui exige que le dialecte soit la langue parlée à l'école enfantine, avait été approuvé par 55,1% des votants.

Le message du gouvernement stipule que les enseignantes et enseignants d'école enfantine qui ne maîtrisent pas le suisse allemand seront licenciés à la fin de l'année scolaire 2018/2019. Ce délai doit permettre à ces personnes de se former pour répondre aux exigences de la loi.

Dialectes proches

Actuellement, 59 étrangers enseignent en Argovie, dont 36 viennent d'Allemagne, a précisé à l'ats Victor Brun, chef de l'enseignement pour l'école obligatoire dans le canton d'Argovie. La nouvelle législation permettrait toutefois d'accepter des dialectes proches, comme ceux parlés en Alsace (F), dans le Bade-Wurtemberg (D), au Liechtenstein et dans le Vorarlberg autrichien.

Le dialecte à l'école enfantine est un thème qui occupe les cantons alémaniques ces dernières années. L'UDC en a fait son cheval de bataille. Depuis la rentrée scolaire 2012/2013, on parle uniquement le dialecte dans les écoles enfantines zurichoises après le oui des citoyens à une initiative du parti agrarien. A Bâle-Ville, les citoyens ont dit oui à une initiative similaire et au contre-projet du gouvernement. Ce dernier l'a emporté à la question subsidiaire. Il fixe des «objectifs égaux» au dialecte et à l'allemand.

Initiative rejetée à Lucerne

A Lucerne, l'initiative de l'UDC a en revanche été rejetée. Les citoyens ont préféré le contre-projet du gouvernement qui fixe un cadre de cohabitation entre le suisse allemand et l'allemand.

La Landsgemeinde de Glaris a refusé une proposition exigeant que le dialecte soit la seule langue parlée à l'école enfantine. Dans le canton de Soleure, l'initiative en faveur du dialecte n'a pas réuni suffisamment de signatures.

(ats)