Suisse

08 avril 2019 13:02; Act: 08.04.2019 15:53 Print

Les insultes racistes sont fréquentes au travail

Le racisme s'exprime le plus souvent au bureau et à l'école. Quelque 300 cas ont été recensés en 2018 en Suisse.

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Les insultes racistes au travail et à l'école ou encore les slogans d'extrême-droite (photo), continuent de faire des victimes. (Photo: Keystone/archive/photo d'illustration)

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Les centres de conseil en Suisse ont recensé 278 cas de discrimination raciale en 2018.

Si le racisme vise en premier les noirs et les musulmans, les Français et les Allemands ne sont pas épargnés.

Le monde du travail reste le domaine le plus touché, avec 58 incidents recensés, suivi par l'éducation avec 38 incidents, selon un rapport publié lundi.

Le rapport 2018 du Réseau de centres de conseil pour les victimes du racisme a été réalisé par la Commission fédérale contre le racisme (CFR) et l'organisation humanrights.ch. Il recense et présente les cas concrets et ses résultats confirment une étude récente de l'Office fédéral de la statistique.

En 2018, les insultes et les inégalités de traitement ont été les principales formes de discriminations. Dans 34 cas, des actes de violence ont été recensés, notamment physique dans 25 cas.

La xénophobie vient en tête des motifs avec 104 cas, suivie par le racisme anti-Noirs (96). L'hostilité à l'égard des musulmans (44) et le racisme anti-Arabes (24) sont restés fortement présents. Le rapport recense également 6 cas de germanophobie en Suisse alémanique et un cas de francophobie en Suisse romande.

Manque d'accès pour les victimes

Dans 55 cas, les victimes sont des citoyens suisses perçus comme «d'origine étrangère» et discriminées sur cette base. Les centres de conseil sont davantage sollicités par des citoyens suisses ou des personnes ayant un statut de séjour stable, note le rapport. Les requérants d'asile, les personnes bénéficiant d'une admission provisoire ou les sans-papiers hésitent eux à demander conseil, de peur de mettre en péril leur séjour en Suisse.

De nombreuses victimes n'ont pas accès aux centres de conseil et le rapport rappelle que les cas qu'il recense ne représentent que la «partie émergée de l'iceberg». Il ne faut d'ailleurs pas se laisser tromper par la baisse du nombre de cas recensé par rapport à 2017, une année record (301), cela s'explique en partie par la diminution du nombre de centres en Suisse, passé de 27 à 24.

C'est pour cette raison que les centres de conseil sont nécessaires, précise Martine Brunschwig Graf, présidente de la CFR. L'ancienne conseillère d'État genevoise appelle les autorités politiques à fournir les moyens nécessaires à la lutte contre le racisme et la discrimination raciale. Les centres de conseil ont besoin de ressources pour fonctionner et de visibilité pour être accessibles au plus grand nombre.

(nxp/ats)