Selon une étude

03 mai 2012 11:50; Act: 03.05.2012 12:07 Print

Les jeunes s'engagent en politique

Contrairement aux idées reçues, les jeunes participent et s'engagent en politique. La preuve avec cette étude FORS.

Une faute?

L'idée que la jeune génération serait apolitique est battue en brèche par une étude sur la participation politique des jeunes adultes en Suisse. Elle montre que les 18-25 ans s'engagent de multiples façons, autres que les classiques votations et élections.

Engagement éclectique

Les jeunes citoyens privilégient les formes de participation occasionnelles, informelles, individuelles et n'engageant qu'à court terme, révèle l'enquête publiée jeudi par la Fondation suisse pour la recherche en sciences sociales (FORS). Ces formes de participation sont parfois combinables avec les loisirs.

Pour son étude, FORS a interrogé 1360 Suissesses et Suisses âgés de 18 à 25 ans entre octobre 2010 et mars 2011. C'est la première fois qu'une enquête porte sur cette classe d'âge, précise l'institut de recherche.

Participation dans un sens large

Les auteurs utilisent la notion de participation dans une acception large. Ils se penchent ainsi notamment sur les formes de participation nouvelles et non institutionnelles telles que la rédaction de textes politiques sur Internet, des mobilisations dites intelligentes (»smartmob»), le boycott ciblé de produits ou l'adhésion à des groupes Facebook d'ordre politique.

La part des jeunes adultes politiquement actifs par simple sens civique décline, relève l'étude. Mais leur activité politique ne peut être jugée uniquement d'après leur participation aux élections et votations ou à leur affiliation à un parti, estiment les auteurs.

Mobilisation rapide

Parmi les nouvelles formes d'engagement politique figure par exemple la mobilisation intelligente (»smartmob»). Elle s'effectue de manière rapide et flexible via Internet ou par SMS et permet à des personnes qui ne se connaissent pas de se rassembler à un endroit défini, généralement un lieu public, pour mener une action commune.

La foule se dissout aussi rapidement qu'elle s'était formée. L'effet de surprise est un ingrédient déterminant des «smartmob». Celles-ci se distinguent des mobilisations éclair (»flashmob») par le fait qu'elles se veulent porteuses de sens, alors que les «flashmob» ont pour fin unique le divertissement, par exemple une bataille collective de coussins.

En Suisse, des mobilisations intelligentes simultanées ont eu lieu dans plusieurs villes en rapport notamment avec les initiatives sur la violence des armes et sur l'exportation de matériel de guerre. Sur un signal, tous les participants ont mimé l'actionnement de la détente d'une arme à feu et se sont laissé choir. La foule est restée quelques minutes à terre avant de se disperser rapidement.

La mobilisation carotte (»carrotmob») est un cas particulier de mobilisation intelligente, qui renverse le principe du boycott. Des personnes sont mobilisées en grand nombre pour procéder à des achats auprès d'un commerce qui s'est engagé à investir une partie du chiffre d'affaires généré par la mobilisation dans des mesures visant, par exemple, à économiser l'énergie.

Brochure d'information

Dans leurs conclusions, les chercheurs relèvent que l'intérêt pour la politique dépend fortement du niveau de formation et que les jeunes ont souvent l'impression que les objets soumis à votation sont formulés de manière trop compliquée. Pour remédier à ce problème, la fondation FORS cite en exemple le projet easyvote, un support d'information créé par les parlements des jeunes.

Cette brochure, qui est généralement mise à disposition par commune et sur Internet (www.easyvote.ch), propose des explications sous forme simple et claire. Elle vise à informer les jeunes qui n'ont pas encore le droit de vote et à inciter ceux en âge de voter à participer aux scrutins.

La brochure, disponible pour l'instant uniquement en allemand, le sera bientôt aussi en français et en italien. A ce jour, 92 communes alémaniques participent au projet, qui est cofinancé, dans sa phase se lancement, par des fondations et par la Confédération. Les auteurs des textes travaillent bénévolement.

(ats)