Berne

14 juillet 2014 07:49; Act: 14.07.2014 12:06 Print

Les marchands de porno misent sur le pipi

par Marco Lüssi/ofu - Depuis le 1er juillet, la pornographie mettant en scène des jeux sexuels avec des excréments n'est plus interdite en Suisse. Les magasins érotiques s'en réjouissent.

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Les ventes de DVD érotiques et pornographiques sont en chute libre depuis plusieurs années, notamment parce qu'internet regorge de films du genre. Mais une récente modification de la loi pourrait remédier à cela. La Suisse a en effet ratifié dernièrement la Convention du Conseil de l'Europe sur la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels (voir encadré). En conséquence, certaines dispositions du Code pénal (CP) ont été adaptées, notamment celles concernant l'infraction de pornographie (art. 197 CP).

Ainsi, depuis le 1er juillet, les représentations ayant comme contenu des jeux d'ordre sexuel avec des excréments humains, y compris l'urine, ne sont plus considérées comme de la pornographie dure, mais comme de la pornographie douce. Conséquence: la vente et la consommation de ce type de matériel ne sont plus punissables. Plusieurs commerçants suisses se sont d'ores et déjà adaptés à ce changement de loi afin d'augmenter leur chiffre d'affaires. Le fondateur d'Erotikmarkt, Patrick Stöckli, confirme avoir ajouté environ 200 films pornos de ce genre dans son assortiment.

A la vue des premiers chiffres de vente, cette offre répond, selon lui, à une demande d'une partie de sa clientèle. S'il affirme proposer ce type de matériel à contrecœur, il note qu'il s'agit d'un bon moyen pour contre-balancer le recul des ventes de DVD. Malgré cela, Patrick Stöckli se limite aux films avec de l'urine. Pour lui, proposer de la pornographie avec des excréments humains va trop loin: «Il y a des limites que je ne veux pas dépasser.»

Même son de cloche auprès de Magic X, qui ne propose pas ce type précis de contenu à ses clients. «Nous ne ressentons aucune demande de la part de nos clients et nous pensons que ce genre de films n'a rien à faire dans nos rayons», explique le porte-parole Jan Brönnimann. Le gérant du sex-shop Libosan, lui, est moins sélectif: il vend du matériel contenant des scènes scatophiles, que ce soit avec ou sans excréments.